Les plus anciennes plantations de thé sont situées au Yunann

Le Yunann est une province montagneuse creusée de profondes vallées a une taille de plus 13 fois la Belgique (393.000 km²).

La récolte du thé La récolte du thé

Un climat contrasté, entre la chaleur et l’humidité des vallées et la fraîcheur des montagnes, a permis au riz et au thé de s’y développer. Cette boisson y a sans-doute été bue pour la première fois au monde ! C’est en effet là que fut inventée la culture de ce breuvage millénaire.

Jardin céleste de la Chine

Quant aux forêts subtropicales de la province, celle de Xishuangbanna a été comparée à un zoo naturel... C’est dire si le Yunnan abrite une diversité d'animaux et de plantes, avec des milliers d’espèces végétales, 500 espèces de mammifères dont l’éléphant d’Asie, le gibbon, le tigre… Ainsi que 300 espèces d'oiseaux auxquelles s’ajoutent des centaines d’espèces de reptiles et de batraciens. Comme l’évoque un arbre vieux de 800 ans, le roi des théiers, le Yunnan est le berceau du thé… Cette province parfois surnommée « Jardin céleste de la Chine » accueille également un patchwork d’ethnies, plus de 25 sur les 56 que compte l’Empire du Milieu. Elles vivent encore aujourd’hui dans le respect de leurs traditions qui se déclinent en coutumes et festivités, architecture originale, élégance de l’habillement. Sans oublier une gastronomie étonnante...

 

Emballage du thé de Pu'er © Eric Valenne

 

Camellia Sinensis

Berceau de la théiculture, même si d’autres provinces chinoises et l’Inde se disputent son origine, c’est au cœur du Yunnan qu’ont été découvertes les plus anciennes plantations de thé et les plus anciens théiers sauvages. C’est de là également que proviennent les thés noirs et sombres les plus célèbres, avec leur profil aromatique unique : les fameux thés de Pu-Erh ou Pu’er (prononcer pou-eur)… Ce thé est élaboré à partir des feuilles d'une variété de théier, le fameux Camellia sinensis assamica ou parfois appelé « théier de l'Assam ». Ses longues feuilles d’une dizaine de cm de long en font l’un des thés noirs les plus réputés (et des plus chers) de la planète. Pour être transportés, les thés étaient souvent compressés sous forme de blocs, briques ou galettes.

Le moment de la ceuilette © Eric Valenne

 

Le livre « Cha Jing », traité sur le thé

Aujourd’hui encore, ces blocs sont grattés pour en extraire quelques grammes qui suffiront à une extraordinaire une infusion. Il en est ainsi du thé Pu’er, souvent proposé en galettes de 357 grammes. Et le plus intéressant, c’est que ce thé bonifie avec le temps. Comme le vin. A tel point que certaines galettes de pu’er, très anciennes se vendent à coups de dizaines de milliers d’euros! Certaines galettes se conservent plusieurs décennies. Le sage Lu Yu (sous la dynastie Tang) aurait consacré vingt années de sa vie à recenser dans un traité de dix volumes tous les savoirs de son temps sur ce breuvage. Depuis la culture du fameux camellia à l’art de sa dégustation. C’est le fameux livre « Cha Jing »... Sur place, le thé se déguste et se savoure religieusement. Il est doux et boisé avec un rouge rubis profond. Il a un goût unique de miel mélangé de notes florales... En boire (celui-là et d’autres de la région) est toujours une petite cérémonie… Le climat toujours humide, chaud en été et doux en hiver permet également la culture du riz, comme en témoignent les magnifiques miroirs d’eaux en escaliers dans les reliefs.

Le célèbre thé de Pu'er © Eric Valenne

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