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Une région où les femmes excellent

« Attention » aux femmes du Bregenzerwald ! Obligées jadis de s’occuper de tout quand les hommes partaient colporter ou vendre leurs bras experts, elles ont toujours été autonomes et fortes. Exemples avec ces sites de visite étonnants et ces personnalités talentueuses.

Rien n’est possible sans elles ! Dans le Bregenzerwald, les femmes ont toujours occupé une place majeure dans la vie économique, sociale et même artistique. Ainsi, c’est une femme qui dirige la Werkaumhaus ; une femme, aussi, qui manage l’entreprise de cosmétiques qui porte son nom, Susanna Kaufmann (voir article « Un territoire d’avance »). Un lieu, en particulier, illustre la place prépondérante qu’elles occupent dans la région : le musée… des Femmes, à Hittisau. Il s’agirait de la seule initiative de ce genre au monde en milieu rural. Fondé il y a 21 ans par Elisabeth Stöckler, historienne originaire du village, il a été créé pour illustrer les thèmes rattachés culturellement à la féminité : le courage, les contraintes sociales, les violences, les souffrances du corps… Installé dans un bâtiment en verre et bois design, ce musée associatif est géré par les femmes d’Hittisau. La plus jeune a 17 ans, la plus âgée, 78 ans. 20 personnes (que des femmes), y travaillent, sous la direction de Stefania Pitscheider Soraperra. Le musée fonctionne sur le principe d’expositions temporaires. Après la très remarquée « Giving Birth and Being Born », sur la maternité et la naissance (jusqu’à fin octobre 2021), les mois de novembre et décembre verront à l’affiche l’expo « Sexualize Violence » (délocalisée dans le village voisin de Feldkirch, en raison de travaux au musée). A partir du 19 février et jusqu’au 31 octobre 2022, le public pourra découvrir « Persecuted, Engaged, Maried », sur les mariages arrangés par des femme juives pour échapper aux persécutions nazies.

Cueillette de plantes à Schwarzenberg Philippe Bourget

Magdalena Metzler et sa ferme « pilote »

Dans le genre femme active, Magdalena Metzler, à la ferme Metzler, illustre ce penchant énergique et courageux. Mère de quatre enfants, elle copilote avec son mari et ses deux beaux-frères une exploitation pour le moins pilote, dans le village d’Egg. Etable et bâtiments de stockage et de production durables, recours au bois et à la (quasi) autonomie énergétique… la famille a conçu le ferme en pensant « vert ». Elle est à la tête d’un troupeau de 100 chèvres et 15 vaches, élevées pour le lait, le fromage (dont le célèbre Bergkäse au lait cru) et… les cosmétiques. Car depuis 35 ans, cette innovation a construit la notoriété des Metzler. Le petit lait sert en effet à fabriquer des produits de soin pour la peau, distribués en Autriche, Allemagne, Suisse et France. « Notre gamme compte 40 références. Et nous fabriquons aussi les cosmétiques de Susanne Kaufmann », explique la dynamique Magdalena Metzler. Une boutique attenante à l’étable et à la laiterie permet aux touristes de repartir avec des produits de la ferme, vendus par une équipe… féminine.

Magdalena Metzler, à la ferme et produits cosmétiques Metzler Philippe Bourget

Angelika Kauffmann Museum

 On n’oubliera pas non plus d’aller faire un tour à l’Angelika Kauffmann Museum, à Schwarzenberg. Pas tant pour l’accrochage d’œuvres, assez restreint, que pour découvrir la vie et le travail de cette artiste peintre locale du 18ème s., anticonformiste et indépendante. Aménagé dans une maison typique datant de 400 ans, le musée rappelle l’histoire de cette femme un peu « scandaleuse » pour l’époque. Mariée deux fois, polyglotte, musicienne et douée pour les mathématiques, cette amie de Goethe, parmi les premières diplômée femme de l’Académie de Bologne (elle a grandi en Italie, son père était originaire de Schwarzenberg), a réalisé environ 1 000 peintures. Parmi elles, des autoportraits, ainsi que de gens et des maisons du village. Le musée accueille aussi des expositions.

Belinda Rukschcio, directrice de la Werkraumhaus Philippe Bourget

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