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La Provence vue du Rhone, une croisière testée pour vous

Vous avez le mal de mer mais vous rêvez de faire une croisière. L’avion vous fait peur ?

Sainte-Marie-de-la-Mer Sainte-Marie-de-la-Mer

La solution, c’est la croisière fluviale. Une autre façon de regarder les villes, les villages, les monuments et tout ce qui fait la beauté des paysages que l’on ne peut admirer qu’en naviguant sur un cours d’eau. J'ai testé pour la première fois ce type de vacances et à ma grande surprise...

 

Vive le train

L’expérience que je vous propose se situe à 3 h 30 de Bruxelles… et par le Rail ! Mais oui, la SNCF, avec son TGV qui vous emmène partout en un éclair, a tout prévu pour que les croisiéristes arrivent à l’heure à Lyon, lieu de départ du « Van Gogh », un bateau 5 ancres proposé par le croisiériste 'Croisieurope' pour la découverte de la Provence et de la Camargue avec deux escales incontournables : Avignon et Arles.

À la gare de Lyon Perrache, un autocar prend en charge les passagers pour rejoindre le « Van Gogh » amarré au Quai Claude Bernard, à proximité des universités. Les formalités d’embarquement sont simples et rapides. Après la présentation de la carte d’identité ou du passeport valide, vous êtes accueillis par un équipage souriant, dynamique qui vous accompagnera tout au long de la croisière.
Bien installés dans votre cabine, connectée gratuitement au wifi, parfaitement équipée avec vue sur le fleuve, vous êtes prêts pour une escapade de 3 jours sur le plus grand fleuve de France, le Rhône impétueux dont le nom proviendrait du Celte, Rodona ou de l’ancien Grec Rhoda ou Rhodanusia, ce qui signifiait puissant.

Étonnant ce bateau de croisière Van Gogh. © Croisieurope

 

Du glacier à la Méditerranée

Le Rhône prend naissance dans le canton du Valais en Suisse. La source du fleuve jaillit d’un lac en évolution constante au fur et à mesure de la fonte du glacier de Furka dont la longueur est encore de 9 km. En France, le fleuve parcourt 522 km avant de se jeter dans la Méditerranée à Arles où il forme un delta et se partage en deux bras : le Petit- Rhône qui se jette dans la mer entre Aigues-Mortes et Les Saintes-Maries-de-la-Mer et le Grand-Rhône, large de plus d’1 km, qui se jette dans la mer à Port-Saint-Louis-du-Rhône, après avoir sillonné la Réserve naturelle des Marais du Vigueirat.

Il traverse 11 départements français et peut être comparé au bassin fluvial de l’Amazonie. Son débit est de 1800m3/seconde. De nombreux aménagements furent nécessaires pour maîtriser ses ardeurs. Depuis 1934, la Compagnie nationale du Rhône gère son développement pour la navigation, la production d’électricité uniquement renouvelable, l’utilisation de l’eau pour les agriculteurs, la préservation de la nature, de la faune et de la flore. Les centrales hydroélectriques vont de pair avec les 14 écluses et barrages qui se situent entre Lyon et la Méditerranée.

Les quais le long du Rhone à Lyon

 

Au fil de l'eau

Après Lyon, le bateau longe les villes de Vienne, Tain l’Ermitage et Viviers entre autres. Le dîner du premier soir est suivi d’une animation et d’une ambiance musicale qui vous incite à la danse sans provoquer la moindre cinétose, promis !
On navigue la nuit en toute quiétude et si d’aventure l’on ne trouve pas le sommeil on peut toujours compter les écluses. C’est une attraction spectaculaire tout au long du parcours et le matin au réveil en ouvrant les rideaux on peut se trouver devant un mur immense, suintant, aux résonances étranges. Il faut savoir qu’il y a une différence d’environ 10 mètres en amont et en aval de l’écluse. Le passage dure une vingtaine de minutes et pendant ce temps-là des milliers de kWh sont produits.
La première matinée de navigation offre des paysages de contrastes, romantiques ou évocateurs de gourmandises, comme Montélimar dans la Drôme ou Viviers tout proche, une ville de l’Ardèche réputée pour ses arbres fruitiers, sa culture de la vigne ou encore le mythique Château-Neuf-du Pape que l’on aperçoit à flanc d’une vaste colline dominant le Rhône.

Balades sur le pont, détente dans les confortables fauteuils du grand salon où un bar toujours « open » satisfait toutes les envies. Jeux, quizz, gym, conférences rythment la croisière, ponctuée de la voix du GPS qui retrace de temps à autres l’histoire d’un monument ; « à droite, vous remarquerez la tour de Philippe-le-Bel, située sur la commune de Villeneuve-lès-Avignon ; c’est un donjon, vestige d’une forteresse que le roi de France fit construire au XIIIe siècle pour contrôler l’accès au Pont d’Avignon ». La capitale de la chrétienté au Moyen Age n’est plus très loin.

Vue sur Tain l'Hermitage et le Rhône

 

Avignon, première escale

Le « Van Gogh » accoste au Quai de l’Oulle, face aux remparts de la ville. Avignon vue du Rhône avec en contrebas, les fameux vestiges du pont Benezet sous lequel on dansait jadis, ravivent des souvenirs d’enfance qui donnent envie de chanter. L’après-midi est consacrée à la visite du Palais des Papes, inscrit au patrimoine de l’Unesco.
On est subjugué en arrivant à l‘imposante place du plus important palais gothique de l’Occident. Les fastueux appartements pontificaux où sont conservées des fresques remarquables, les nombreuses chapelles, les terrasses d’où l’on aperçoit un panorama unique sur la ville et le Rhône : tout est impressionnant. Des tablettes tactiles « l’histopad » permettent de visiter le palais dans les moindres détails et de vivre dans des décors d’époque reconstitués en 3D à 360°.

À ne pas manquer, le plaisir de déambuler dans les ruelles d’Avignon intra-muros cernées par les superbes remparts médiévaux. On découvre le jardin des Doms, le Beffroi du XVe siècle, la basilique Saint- Pierre d’Avignon et ses portes monumentales de 4 mètres sculptées en noyer massif par Antoine Vollard. La célèbre horloge à Jacquemart partiellement dissimulée par l’hôtel de ville est le dernier vestige de la livrée cardinalice qui depuis le XVIe n’a pas cessé de sonner les heures sur Avignon ; elle est visible d’un endroit bien précis de la place de l’horloge.
Avignon est aussi une ville moderne avec ses boutiques de luxe que l’on découvre en se promenant pour rejoindre le bateau. Le dernier soir, un dîner de gala est organisé pour les croisiéristes avant le départ en navigation de nuit vers Arles.

Le Pont d'Avignon © Folliver

 

Arles et la Camargue, en route vers la Manade

Ville d’art et d’histoire, Arles se situe sur les deux rives du Rhône. Elle fut construite par Jules César en 46 avant J.-C. Outre l’aspect économique, énergétique, environnemental, culturel et touristique, le fleuve joue aussi un rôle crucial dans le domaine de l’archéologie avec la découverte en 2007 d’un buste extraordinaire de César ainsi que des centaines d’objets de l’époque romaine enfouis dans la vase.

Après le petit déjeuner, l’excursion prévue en Camargue s’effectue en autocar ce qui permet de traverser Arles en admirant au passage les monuments inscrits au patrimoine mondial comme le Théâtre Antique, les remparts du Castrum romain mais aussi le Musée Bleu ou l’édifice sculpté de plaques d’inox et de verre de 56 m de haut, conçu par l’architecte Gehry pour la Fondation culturelle Luma présidée par la mécène et collectionneuse d’art Maja Hoffmann.
En quittant Arles, le bus emprunte la direction des Saintes-Maries-de-la-Mer pour rejoindre la manade Gilbert Arnaud.

La manade est un troupeau de taureaux ou de chevaux conduit par un gardian. La visite s’effectue en chariot tracté à travers l’exploitation parmi la centaine de taureaux noirs qui broutent paisiblement mais que l’on ne peut approcher qu’à cheval. Gilbert Arnaud présente la manade, explique les coutumes et traditions. Avec sa fille et un gardian, ils font une démonstration spectaculaire du « triage », c’est la technique pour isoler quelques taureaux au milieu du troupeau, que ce soit pour les courses, les visites vétérinaires ou s’ils manquent de nourriture. Au moment du tri, un taureau portant une cloche à l’encolure attend à un endroit déterminé les quelques bêtes sélectionnées qui se groupent autour de lui. Un travail mystérieux pour le profane, tout en finesse entre l’homme, le cheval et les taureaux.
L’importance du troupeau qui se nourrit de plantes halophiles dépend du nombre d’hectares dont dispose l’éleveur. Il faut 1 ha de pâture par tête de bétail. Après l’apéritif servi au mas, l’indispensable visite du village des Saintes- Maries-de-la-Mer s’impose. Vincent Van Gogh qui vivait en Arles s’y est rendu pour découvrir enfin la Méditerranée et s’imprégner de ses couleurs. De la tour de l’église Notre Dame de la Mer, la vue panoramique sur le village et la mer est saisissante et l’on peut imaginer l’arrivée sur les plages vers l’an 40-45 de Marie-Salomé et Marie-Jacobé accueillies par Sara la noire et qui furent les premières messagères de la foi, toujours honorées aujourd’hui par les traditionnels pèlerinages des gitans.

De retour vers Arles, on aperçoit les flamants roses qui déjeunent de crevettes et crustacés au bord de l’étang de Vacarès. On ne se lasse pas des rizières, des roselières, des effluves salines, des envols d’oiseaux rares qui peuplent l’univers magique de la Camargue. Le dernier soir, la croisière s’amuse, le dîner de gala présidé par le commandant est un moment fort, on y danse, on y chante, on est bien. Une ultime nuit à bord, c’est la fin d’une très belle expérience que je vous propose de vivre à votre tour.

Une Nouvelle croisière en Provence est organisée en mai 2020 avec pour thème les Couleurs et les Senteurs provençales; nous découvrirons ensemble des lieux uniques tels que les Baux de Provence, l’un des plus beau village de France, les gorges de l’Ardèche, le Vercors etc… et vous bénéficierez tout au long de la croisière des privilèges réservés aux lecteurs du Soir,

Nouvelle croisière en Provence en mai 2020 avec pour thème les Couleurs et les Senteurs provençales, cliquez ici pour plus d'infos.

L’église fortifiée de Saintes-Maries-de-la-Mer ©  Wolfgang Staudt

 

Manade en Camargue © Gilbert Arrnaud