Retour

L’Everest cette année : « Mort, carnage, chaos »…

L’Everest s’est montré particulièrement meurtrier cette année, avec notamment des embouteillages en

La saison tire actuellement à sa fin, avant que le retour du mauvais temps n'interdise l'accès au sommet enneigé. Les dangers inhérents à une course en altitude extrême ainsi que des embouteillages d'alpinistes, provoqués par l'affluence et le nombre réduit de fenêtres météo favorables, ont coûté la vie à 11 personnes cette année. Cette saison a été la plus meurtrière sur l'Everest depuis 2015.

 

Des débutants sur le sommet !

Les encombrements sur l'arête entre le dernier campement népalais et le sommet ont fait parfois perdre des heures précieuses aux grimpeurs et sont mis en cause dans quatre des décès. S'attarder en "zone de la mort", où l'oxygène est rare, augmente les risques de gelures, d'épuisement et de mal des montagnes. Observateurs et alpinistes fustigent le grand nombre de grimpeurs au niveau technique insuffisant qui, désireux d'ajouter l'Everest à leur palmarès personnel, ralentissent les personnes derrière eux et les mettent ainsi en danger. 


En raison de ces lenteurs, "les bouteilles d'oxygène de nombreux grimpeurs s'épuisaient", a décrit à l'AFP l'alpiniste indienne Ameesha Chauhan. "Certains grimpeurs sont morts à cause de leur propre négligence. Ils insistaient pour atteindre le sommet alors que leur oxygène s'amenuisait, ce qui mettait leur vie en péril."

 

L’Everest bondé

"J'ai vu des alpinistes sans aptitudes de base s'appuyer complètement sur leurs guides sherpas", a déclaré la jeune femme de 29 ans, parvenue au sommet jeudi et qui a échappé au gros des encombrements, n'y passant que 20 minutes. "J'ai eu le sentiment que l'Everest était bondé. Seuls les alpinistes avec certaines aptitudes et une certaine expérience devrait avoir un permis", a-t-elle estimé.

 

Le nombre total d'himalayistes parvenus sur le toit du monde cette saison n'était pas encore connu, mais pourrait dépasser le record de 807 personnes établi l'année dernière. "Je n'arrive pas à croire ce que j'ai vu là-haut. Mort. Carnage. Chaos. Queues. Cadavres sur la route et dans les tentes au camp 4. Des gens à qui j'ai essayé de faire rebrousser chemin qui ont fini par mourir. Des gens être traînés en descente. Enjamber des corps", a relaté sur son compte Instagram l'alpiniste Elia Saikaly.

 

Les expéditions low-cost à… 20.000 dollars

Si la critique sur les alpinistes insuffisamment chevronnés est récurrente depuis le développement des expéditions commerciales sur l'Everest dans les années 1990, elle s'est accentuée ces dernières années avec l'émergence de multiples agences bon marché. Il est désormais possible de s'offrir l'Everest pour environ 20.000 dollars, soit moins d'un tiers de ce que facturent les opérateurs les plus réputés. 


Cette saison a aussi vu le Népalais Kami Rita Sherpa, un guide de 49 ans, battre son propre record du monde en réussissant ses 23e et 24e ascensions de l'Everest. La Sud-Africaine Saray Khumalo, 47 ans, est elle devenue la première femme africaine noire à poser le pied sur le toit du monde.