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Notre-Dame de Paris : « Ce ne sera plus jamais la même »

Après la nuit d’épouvante du 15 avril 2019, il est temps de faire place aux constatations et aux estimations. Notre-Dame de Paris a souffert. Mais pourrait-elle vraiment ressusciter ?

Des plus grandes fortunes de France aux petits particuliers : l’effort financier pour permettre la restauration rapide de ce monument est à la fois colossal et international. Il ne semble pas inimaginable d’atteindre le milliard d’euros, à l’heure où nous écrivons ces lignes. Mais une restauration, même dans les règles de l’art, sera-t-elle suffisante pour que cet édifice retrouve toute sa gloire ?

 

« Ce n’est pas l’argent qui va manquer »

Ce sont les propos de Monsieur Patrimoine, Stéphane Bern. Selon le spécialiste, l'élan de solidarité devrait couvrir le budget de restauration… Une situation paradoxale, alors que tant de chefs d'œuvre en péril ont du mal à trouver des financements.

 

« 5 ans maximum »

Alors que les experts, Stéphane Bern en tête, annoncent un délai de « dix à vingt ans minimum », le Président Macron a créé la surprise en décrétant que ce chantier devait être terminé dans les 5 ans ! L’avenir nous dira si ce défi sera relevé…

 

Une perte considérable

Les magnifiques charpentes, notamment du chœur et de la nef, avec leur densité de traces historiques depuis le XIIe siècle, sont perdues pour toujours. Pour les historiens de l'architecture, leur perte est celle, considérable, d'un patrimoine racontant une histoire et un savoir-faire d'artisans, parfois de père en fils. 


De nombreux architectes souhaitent que ces charpentes en chêne soient refaites dans les règles de l'art et le respect de savoirs ancestraux. D'autres plaident pour une reconstruction plus rapide, avec des structures métalliques ou de béton. 

La filière bois faisait elle assaut de propositions au lendemain du sinistre tandis que l'assureur Groupama, propriétaire terrien, offrait les 1.300 chênes centenaires nécessaires à une reconstruction à l'identique, prélevés dans ses forêts normandes, dans le nord-ouest du pays. Pour être utilisé pour la reconstruction, les chênes devront avoir été plantés au plus tard au XIXe siècle.

© Notre Dame de Paris

 

« Ce ne sera plus jamais la même »

Patrick Palem, spécialiste depuis 40 ans de la restauration du patrimoine, et désormais conseiller de la Socra a cependant déclaré que "quelle que soit la qualité de la reconstruction et de la rénovation de Notre-Dame, ce ne sera plus jamais la même. Notre-Dame, a-t-il dit, très ému, c'est un éléphant, dont on pensait que rien ne pourrait jamais le mettre à terre".

 

Des Wallons à la rescousse

C’est dans un état de très grande fébrilité que l’entreprise Artbois, installée en province du Luxembourg, a été contactée pour fournir 10 immenses poutres de 20m sur 1m20. Celles-ci ont été livrées dans la nuit de mardi à mercredi. Le responsable de la société, Patrick Vanhorenbeeck, a avoué dans une interview à Supdresse qu’il « avait la gorge nouée. Il s’agissait d’une des plus belles charpentes du monde. Il faut faire le maximum pour préserver ce qui reste. »