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Les flamboyances d’une vieille d’Europe remise au goût du jour

La fréquentation touristique le prouve : Prague n’en finit plus de fasciner par son architecture prolifique, couplée à une animation sans limite. Rappel ici des symboles qui font de la « belle de Tchéquie » l’une des villes les plus désirées du  Vieux Continent.

Place de la Vieille-Ville, centre névralgique de la capitale. Il est 11h58 et la foule s’est massée devant la tour de l’horloge de l’ancien Hôtel de Ville. Dans quelques instants, le carillon va sonner midi, un « show » inamovible qui participe ardemment de la fascination pour Prague. Autour, les façades Renaissance, classiques, gothiques, baroques irradient et les terrasses de restaurants font déjà le plein. Prague est magique et même les masses de touristes n’arrivent pas à enlever à son charme.

Prague Vieille Ville

Cumuler les styles

Capitale du Saint-Empire germanique, de la Bohême, du catholicisme puis de la Contre-Réforme, championne de l’art Baroque et du nationalisme tchèque, creuset du judaïsme jusqu’à l’envahissement du pays par les nazis en 1939, Prague a connu toutes les époques, affirmant à chaque fois son leadership ou sa résilience. Résultat, une capacité incomparable à cumuler les styles, remis au goût du jour par des restaurations réussies depuis la chute du Mur. Entretemps, Prague s’est dotée d’immeubles Art Nouveau et cubistes, ajoutant un étage au mille feuilles patrimonial. Ce foisonnement donne le tournis. Au-delà de la place de la Vieille-Ville, dominée notamment par son église baroque Saint-Nicolas, sa tour de la Poudrière et sa maison municipale, la « ville Moderne », au sud, dévoile les charmes de son Grand Café d’Orient cubiste, ceux du théâtre des Etats d’inspiration baroque (où fut créé Don Giovanni en 1787, dirigé par Mozart himself) et de l’immense Musée national néo-Renaissance, consacré à l’histoire ancienne de la Bohême et au naturalisme.

Dancing House Mistervlad - stock.adobe.com

Ville Juive

Au nord, la visite du quartier de Josefov (ville Juive) ne se négocie pas. Occupé par la communauté dès le 12ème s, tour à tour acceptée ou rejetée, il rappelle au fil d’une balade pédestre les soubresauts d’un ghetto urbain qui, à force de délabrement, verra les plus aisés s’enfuir avant d’être quasiment détruit à la fin du 19ème s. Reste neuf symboles inaltérables : les sept synagogues, l’hôtel de ville et le cimetière juifs. La synagogue Vieille-Nouvelle, cœur de l’identité juive pragoise, date de 1270. C’est la plus ancienne d’Europe. A côté, l’hôtel de ville juif montre l’autonomie dont jouissait la communauté. Le cimetière et ses 12 000 tombes offre, lui, un décor sépulcral qui évoque une autre tragédie : la déportation au camp de Terezín de 40 000 Juifs du ghetto, en 39-45.

 Prague quartier juif

 Pont Charles

Retour place de la Vieille-Ville. Le trek touristique se poursuit généralement rue Karlova et débouche sur les rives de la Vltava. A droite, voici le Clementinum, vaste collège-université. En face, le cultissime pont Charles, piétonnier, est encadré de tours moyenâgeuses. Ses artistes de rue doués jalonnent sa traversée jusqu’au quartier de Malá Strana, pur joyau d’architecture baroque résidentielle. Reste à gravir la colline du Château. Une petite ville dans la ville, avec la demeure royale, la cathédrale Saint-Guy et un enchevêtrement de rues romantiques. Inaltérable Prague.

Prague pont Charles Taiga

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