Quel avenir pour le tourisme ? « Il y aura une vraie transformation » !

Le secteur du tourisme est l’une de plus grosses victimes de cette crise du coronavirus. Avec une liberté de mouvement compromise pour un certain temps encore, le secteur doit se réinventer et préparer l’avenir.

© Vidar Nordli-Mathisen on Unsplash

Interrogé par Tourmag.com, Michel Durrieu, directeur général du Comité Régional du Tourisme de Nouvelle-Aquitaine, fait part de sa vision du monde touristique en cette période de coronavirus. A court terme, les difficultés sont effectivement énormes : cet été, il y a de fortes chances que les déplacements à l’étranger soient limités, voire interdits. Michel Durrieu s’attend donc à une forte baisse de la fréquentation : « Sur 32 millions de touristes, 28 millions sont des visiteurs français et 4 millions des visiteurs étrangers. […] nous nous attendons à une perte de 4 millions de visiteurs correspondant aux voyageurs étrangers mais également à une dégradation sur la fréquentation française. » En effet, la perte du pouvoir d’achat limitera sans doute les déplacements de nombreux citoyens, qui économiseront donc sans doute sur leur budget vacances et loisirs.

 

Des moyens de transport limités

Tant sur le rail que dans les airs, les chances sont grandes que l’offre reste réduite et que des règles de distanciation limitent les capacités. Les voyages se feront donc principalement en voiture, ce qui limitera d’autant la distance parcourue par les touristes… De toute façon, comme le souligne Michel Durrieu, « après deux ou trois mois de confinement, certains Français ne voudront pas se rendre dans des lieux qui concentrent beaucoup de monde. » Ce qui est évidemment aussi valable pour les Belges…

 

Un avant et un après coronavirus

« Ce serait une erreur de croire que tout va continuer comme avant. Après le confinement, il y aura une période de transition puis de transformation », insiste Michel Durrieu. Selon lui, « les attentes des consommateurs vont évoluer. Le tourisme durable, le développement territorial sont des sujets qui ont déjà émergé mais qui vont devenir centraux. Nous allons réaliser sur ces sujets en moins de 5 ans ce que nous nous apprêtions à faire en 10 ou 15 ans. »

Les touristes iront moins loin et seront soucieux de l’impact environnemental de leurs déplacements. Les constructeurs aéronautiques, d’ailleurs, travaillent d’arrache-pied sur de nouveaux modes de propulsion pour rendre leurs avions toujours plus propres. Michel Durrieu prédit aussi que les consommateurs vont « chercher des expériences plus individuelles. Les petites structures devraient être davantage plébiscitées. La montagne et la campagne vont prendre davantage de place dans le paysage touristique. » Tout cela pourrait bien évidemment conduire à une augmentation des tarifs. Pour lui, il faut « un Plan Marshall pour aider les opérateurs dans cette transformation. Il faut que le tourisme durable soit économiquement soutenable, avec un business model cohérent. »

Toutefois, cette crise ne signifie évidemment pas la fin du tourisme : « L'humanité a toujours voyagé et cela va continuer. Les hommes se sont toujours déplacés, mais ils ont toujours changé la manière dont ils voyagent. »