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Sur la route entre Delhi et Agra vers le Taj Mahal

Quitter Delhi, c’est parfois emprunter une véritable machine à remonter le temps. Sur des kilomètres en rase campagne, elle est fréquentée par des marchands en tous genres, des motos et des camions, des autobus rouillés et des épaves roulantes.

Taj Mahal, Agra © Eric Valenne Taj Mahal, Agra

Distances

: km

Ajoutons du bétail, des chameaux, parfois des éléphants... Sans oublier les piétons et les couleurs extraordinaires de ces femmes en saris souvent surgies de nulle part. Bref, la route offre toujours ses cortèges d’étonnements. Ici on roule à gauche et la priorité échoit toujours au plus fort. Plus loin, des branches et une pierre servent de triangle de détresse et signalent un improbable autobus en panne. Le long de cette route que nous suivons, des hameaux servent d’étapes, ce sont les stations de ravitaillement d’une autre planète. Les camions bariolés y sont garés, les hommes mangent ou dorment sur des lits et dans la poussière. Des mulets tirent des carrioles au milieu des échoppes et de de la circulation incessante... C’est le moment de s’arrêter et de faire quelques photos. Comme souvent dans ces pays, les sourires sont omniprésents, me rappelant sans cesse combien nous sommes fortunés. La route n’est pas finie, en route vers Agra.

 

Agra, un hymne à l’amour

Calme et sérénité s’imposent après tant de bruit et d’agitation. C’est à Agra que se trouve sans doute le plus fabuleux mausolée de la planète, le Taj Mahal. La ville fut la capitale de l’empire Moghol. Cette dynastie musulmane n’avait pour autres fondateurs que les descendants des grands conquérants Gengis Khan et Tamerlan. Le Taj Mahal a des allures de mosquée avec ses quatre minarets. Il est d’une élégance et d’un raffinement incomparables.

Tout respire l'amour © Eric Valenne

 

Dentelles de pierre, incrustations d’ivoire et de pierres colorées

En marbre pur, ce monument à l’amour fut construit par plus de vingt mille hommes pour abriter le corps de la belle Mumtaz, l’épouse de l’empereur moghol Shah Jahan. Nous sommes au 17ème siècle et les matériaux les plus nobles sont utilisés pour l’édifier : marbres blancs et noirs des carrières de Makrana, pierres semi-précieuses du Tibet, de Chine, d’Europe et de Russie… De loin, le Taj Mahal impose sa beauté dans le paysage et se reflète dans le fleuve Yamuna. De près, ses détails se révèlent petit à petit, pour révéler une infinité de merveilles. Dentelles de pierre, incrustations d’ivoire et de pierres colorées, savantes écritures dorées et cuivrées. De l’aube au crépuscule, quelle que soit l’heure du jour, le soleil caresse l’édifice de sa chaude couleur. Du rose au rouge, du bleu au jaune. A apprécier également quand le ciel est plombé par les lourdes pluies de la mousson d’été ou quand l’édifice semble rayonner sa propre lumière naturelle dans la brume du fleuve. Les jardins, les fontaines, la grande terrasse donnent de nombreux points de vue. Et toujours, cet émerveillement... En route pour Amber Fort.

Dentelles de pierre