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Tenorio et Rincón de la Vieja, volcanisme végétal au Costa Rica

Protégés par des Parcs nationaux, ces deux volcans offrent un contraste inédit. S’ils sont riches en oiseaux, fumerolles et cours d’eau – et même une rivière bleue ! – le premier plonge le visiteur dans la forêt pluvieuse. Le second, lui, bascule dans un paysage digne de la savane africaine…

Le volcan Tenorio © Philippe Bourget Le volcan Tenorio

A ne rater sous aucun prétexte

Randonneurs fous de nature, bienvenue sur les pentes du Tenorio et du Rincón de la Vieja, au nord du Costa Rica. Deux volcans, deux mondes et des parcours pédestres incontournables. Nous sommes à Puesto Pilón, un matin pluvieux de février, à l’entrée du Parque Nacional du Volcan Tenorio. La météo maussade n’a rien d’étonnant. Heurté par les nuages venus de la mer des Caraïbes, les montagnes de la cordillère de Guanacaste forment une barrière qui reçoit toute l’année, côté Est, des précipitations importantes. La forêt… pluvieuse porte ainsi tous les stigmates de cette humidité, avec de grands arbres ruisselants et des arbustes cherchant la lumière sous la canopée. Ne pas oublier aussi que nous marchons sur les pentes d’un volcan.

 

Une rivière qui change de couleur

Après une trouée forestière ouvrant la vue sur les trois dômes volcaniques (Tenerio Uno - 1916 m -, Tenerio Dos et Cerro Montezuma), l’odeur de souffre ne trompe pas. Voici les borbollones, émanations de vapeurs d’eau issues des tréfonds de la terre. Le volcan n’est pas en éruption mais actif, du coup l’ascension aux sommets est interdite. Qu’à cela ne tienne. De passerelles en escaliers, le sentier conduit vers une curiosité qui fait vite oublier les cratères : une rivière qui change de couleur...

Dans le parc national du volcan Rincon de la Vieja © Philippe Bourget

 

Venu des hautes pentes, le río Buenavista modifie subitement son ph en précipitant des sédiments au fond de son lit. D’autres, à l’inverse, restent à la surface de l’eau. Irisée par la lumière du soleil, le cours d’eau devient soudain tout bleu. Un phénomène unique qui vaut le nom de rivière Céleste au torrent. On en apprécie la beauté à la Catarate Río Celeste, chute d’eau qui plonge dans un bassin bleu turquoise – sauf quand il pleut… En 3h30 de balade, on aura peut-être la chance d’apercevoir l’oiseau-soleil (ave sol). Le « Tenorio » offre une plongée magique dans la grande nature costaricienne.

Chute d'eau de la Catarate Río Celeste © Philippe Bourget

 

Ficus étrangleurs

Changement de décor dans le parc national du Rincón de la Vieja… ou presque. Cet autre volcan actif – dernière éruption fin 2020 - tourne ses pentes ouest vers l’océan Pacifique. En saison sèche, la pluie y est rare. Sur les zones sans torrents, une végétation steppique dévoile sans crier gare un décor de savane sèche. Tout commence pourtant comme on peut s’y attendre en pays tropical : le sentier de Pailas s’enfonce dans une dense forêt humide marquée par la présence inquiétante des ficus étrangleurs. Ces arbres colons prospèrent sur des arbres tuteurs jusqu’à les étouffer de leurs branches enveloppantes.

Le parc national du Rincón de la Vieja © Philippe Bourget

 

De la verdure à la sécheresse

Nous entendons tout près le râle sourd du grand hocco, bel oiseau au bec jaune. Nous voyons aussi cavaler dans les arbres les singes capucins à face blanche. Quand soudain, après une zone de fumerolles où résonne le souffle de la terre, le paysage devient sec comme un coup de trique. Fini le vert, place aux gommiers, frangipaniers et autres arbustes desséchés. Sans eau, ces versants ont l’allure d’une steppe, parcourue par les peu sympathiques iguanes sténosaures. Frontière brutale, presque irréelle… Au loin, le dôme du volcan profite de cette trouée pour montrer son meilleur profil. Etonnant circuit de Pailas qui fait changer de monde en 2h30 de randonnée facile.

Iguanes sténosaures © Philippe Bourget

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