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Tunisie, en route pour l’aventure du Grand Sud

21/01/2022

Une petite ou grande envie de soleil, de liberté et de grands espaces ? Comme un avant-goût du Sahara, le Grand Sud tunisien offre ses paysages de sables avec ses oasis perdues, ses collines arides, ses couchers de soleil incroyables, ses villages fortifiés aux maisons troglodytes… Direction Matmata, Douz, Tozeur ou Nefta… Accrochez-vous!

Tozeur et Nefta

Il était une fois des villes cachées dans les sables du désert, Tozeur et sa petite sœur Nefta, plus à l’ouest. A côté de sa palmeraie et du Chott el-Jérid, le plus grand lac salé d’Afrique (100 km de long jusqu’à 50 de large), Tozeur est située aux confins des immensités sahariennes. La ville est née à côté de l’une des grandes oasis  que compte le sud tunisien. A 450 km de Tunis, d’origine bédouine, la cité offre une architecture particulière dans sa médina. Il faut se balader dans les ruelles et se perdre sous les passages couverts pour admirer les vieilles portes et les briques en relief, prolonger la visite par le musée d’art traditionnel Dar Cheraït…

La médina de Tozeur

Puis, à pied ou en calèche, découvrir la palmeraie, cette oasis et une véritable forêt de palmiers. On y voit les cueilleurs de dattes grimper aux arbres, s’interpeller, plaisanter… Et récolter la richesse surnommée reine des dattes ou morceau de soleil, les fameuses « Deglet Nour ». Charnues et sucrées, à la peau très fine et à la couleur claire et dorée parfois translucide, nées en Algérie, elles sont avec celles de Nefta et Tozeur parmi les meilleures du pays et du Maghreb… A l’ombre des palmiers desquels poussent d’incroyables potagers et vergers alors que coule une eau salvatrice dans des petits chenaux. Quant à la cité de Nefta, elle se trouve également à côté d’une palmeraie appelée joliment « corbeille », en contrebas de la vieille ville. Située 20 km à l’ouest de Tozeur, la petite cité sœur est plus secrète et moins fréquentée. Elle rappelle les mystères des mille et une nuits.

Oasis de Chebika Lukasz Janyst - stock.adobe.com

Des sorties en 4X4 offrent les alentours et leurs paysages austères. Depuis deux décennies, Tozeur s’est enrichie d’une hôtellerie très diversifiée et même haut de gamme avec des riads et des spas. La ville propose de nombreuses activités et divertissements.

Dromadaires dans les Gorges de Selja

Chott el-Jérid et oasis de montagne

Au sud de Tozeur, se trouve le Chott el-Jerid, le plus grand lac salé d’Afrique avec ses 5000 km² recouvert à certains endroits et à perte de vue de croûtes de sel à la blancheur éclatante. Après les pluies rarissimes, il se transforme en mer intérieure de faible profondeur et offre une palette changeante d’ocres, de roses, de violets… Le reste du temps, le Chott offre quelques zones inondées où le sel est récolté tandis que sa plus grande partie donne l’image d’une étendue austère, parfois vibrante de mirages à l’horizon et de tourbillons de poussière.

Chott el Jerid, un grand lac salé KaYann - stock.adobe.com

Au nord de Tozeur et de Nefta se trouvent les fabuleuses oasis dites « de montagne », Chebika, Tamerza et Midès. Elles se découvrent après la traversée de plateaux désertiques menant vers les premières collines qui cachent quelques canyons, cascades et palmeraies. Chacune des oasis de montagne (pour les différencier de celles de plaine) offre ses ambiances. A Chebika, des cascades descendent des montagnes environnantes. Tamerza et son village fantôme offrent des paysages spectaculaires. Mais c’est l’oasis luxuriante alimentée par une superbe cascade qui vaut le voyage. Enfin, niché dans un canyon vertigineux, voici Midès et ses vues spectaculaires. Toutes offrent leurs parts de cascades, leurs plans d’eau, leurs forêts de palmiers-dattiers aux fameuses « Deglet Nour ». Un peu plus loin, les gigantesques canyons de Dghoumès attirent de rares visiteurs. Et encore plus au nord-est, une autre oasis mais de plaine: Gafsa. Réputée depuis l’antiquité pour ses bassins en pierres romaines…

Ksar typique du sud tunisien

Les Ksour, villages fortifiés…

A l’est de Tozeur et du Chott El Jerid, et à l’ouest de Djerba (également lieu de séjour qui permet de visiter le grand sud), voici les ksour (pluriel de ksar). Ces « châteaux du désert » sont rejoints par une route qui monte petit à petit vers les plateaux et serpente entre les reliefs pour offrir quelques paysages époustouflants. L’ancienne cité caravanière de Matmata vaut la peine d’être visitée. Cette dernière est connue pour ses maisons troglodytes. Tout comme Tataouine, au cœur de la région des ksour. Ces édifices hésitent entre la citadelle et le simple grenier à étages. Un ksar se présente parfois avec ses ‘ghorfas’ aux allures d’alvéoles destinées à caser les récoltes de céréales, d’olives, de dattes, de fromages et autres victuailles. Grâce à des aérations dans les murs, un léger courant d’air y garantit la douceur, été comme hiver. Certains ont été reconvertis en hôtels de caractère…

Sur les lieux du tournage de Star Wars jkraft5 - stock.adobe.com

Star Wars… et villages perdus

Une lumière incroyable, des paysages hors du temps, des décors dignes de grandes épopées, des ciels d’un bleu profond, la couleur ocre du sable et l’étrangeté des habitations… Il n’en fallait pas plus pour que la région serve de plateau de tournage à de nombreux films. Certains de ces ksour sont connus et parcourus depuis qu’ils ont servi de décor à la saga des Star Wars de Georges Lucas. Quelques épisodes ont été filmés ici tant il est vrai qu’ils se prêtent bien comme paysages à des films de science-fiction grâce. Le plus célèbre est le Ksar Ouled Soltane et le Ksar Hadada qui figurent parmi les plus beaux de la région. Lieu de tournage également, le site d’Ong Jmel se visite (Nefta).

Ksar de Tataouine cms ©

Chenini, Douiret ou Guermessa ont vu leurs ksour quitter leurs habits de garde-manger pour devenir chambres d’hôtes ou gites ruraux insolites et accueillants. Surplombé par un ksar juché sur une butte à environ 500 mètres d’altitude, le village de Chenini arbore également une jolie mosquée blanche. Le ksar a permis aux populations berbères de résister et de se maintenir lors des invasions des tribus arabes au 11ième siècle.

Festival de Douz

Douce Douz et festivals…

Tout au sud de la Tunisie, voici une autre « Porte du désert », Douz. La cité se découvre après la traversée de massifs montagneux et arides (souvent au départ de Djerba). Douz se trouve près d’un océan de petites dunes à perte de vue. Les lieux accueillent chaque fin d’année le Festival international du Sahara. Mais à la différence de celui de Tozeur, le festival de Douz est plus authentique et moins touristique. Au programme : courses de dromadaires et de cheval, acrobaties, musiques et danses, parades et jongleurs, joutes verbales et poétiques, raconteurs d’histoires et musiciens de tout le Maghreb s’y rencontrent et racontent le désert. On entend battre le cœur de toute une région magnifique…

Plus d’infos : www.discovertunisia.com