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Vols à vide : scandale en vue ?

11/01/2022

Pour éviter de perdre leurs droits à des créneaux d'atterrissage et de décollage, les compagnies aériennes opèrent des vols sans passager. Il est question de 3.000 vols quasi vides pour Brussels Airlines cette saison ! Cela n’a pas manqué de suscité quelques réactions…

Philip Myrtorp

Le groupe Lufthansa, dont fait partie Brussels Airlines, va annuler d’ici fin mars 33.000 vols prévus, en raison d’une chute des réservations. Ces annulations auraient pu être plus conséquentes encore, mais pour conserver les droits de décollage et d’atterrissage, pas moins de 18.000 vols non nécessaires devront bien être assurés cet hiver, dont 3.000 par Brussels Airlines.

Réaction du ministre !

Le ministre fédéral de la Mobilité, Georges Gilkinet (Ecolo), a dès lors adressé une lettre à la commission européenne pour soulever la problématique. Il estime que ces règles sont incompréhensibles d’un point de vue économique et écologique. Il demande donc d’abaisser encore le seuil d’utilisation des créneaux et d’offrir davantage de flexibilité aux compagnies aériennes pour organiser leurs vols.

Réaction de l’UE…

L’association représentant les aéroports du Vieux Continent a affirmé pour sa part que les compagnies aériennes n’ont aucune raison de faire voler des avions à vide en Europe. Elle se dit d’ailleurs “consternée” face à cette controverse. Les compagnies aériennes peuvent bénéficier d’exemptions et “sont très bien protégées contre les incertitudes actuelles“, a souligné ACI Europe dans un communiqué.

Depuis le 28 mars 2021, les compagnies sont tenues d’utiliser 50% de leurs créneaux de décollage et d’atterrissage pour pouvoir les conserver, mais ce niveau est jugé excessif par le secteur aérien, encore convalescent et notamment par le groupe Lufthansa Carsten Spohr. ACI Europe a ajouté soutenir la position de la Commission européenne et rappelé que les compagnies pouvaient conserver leurs créneaux en faisant invoquer par leur régulateur national la clause de “non utilisation justifiée des créneaux“.