Il faisait déjà partie des endroits les plus photographiés de Tunisie. Depuis cet été, Sidi Bou Saïd en rajoute une louche : le village perché au-dessus du golfe de Tunis a été inscrit en juillet 2026 au patrimoine mondial de l’UNESCO ! Une reconnaissance qui pourrait sembler presque évidente lorsqu’on connaît l’endroit, diront les fins connaisseurs qui voyagent certainement avec Vacancesweb. Mais à vrai dire, il y a une autre raison que les portes bleues et les murs blancs…
Un village construit autour d’un saint
L’histoire de Sidi Bou Saïd commence bien avant que ses façades ne deviennent l’un des symboles touristiques de la Tunisie. En effet, et c’est la fiche officielle de l’UNESCO qui le dit, le village s’est développé autour de la sépulture d’un maître soufi ayant vécu aux XIIe et XIIIe siècles, Abou Saïd Khalaf Ibn Yahya El Tamimi El Beji, dont le nom est progressivement devenu celui du village. Et c’est précisément cette dimension spirituelle qui a séduit le jury L’UNESCO qui a retenu le critère III, à savoir celui qui reconnaît un témoignage exceptionnel sur une tradition culturelle ou une civilisation.
Autrement dit, le village n’a pas été inscrit parce qu’il est joli, mais parce que son architecture, son développement urbain, sa position sur la falaise et son histoire religieuse forment un ensemble à préserver !
Et le village ? Sidi Bou Saïd est ainsi progressivement passé de sanctuaire à lieu de villégiature. D’ailleurs, à partir du XVIIIe siècle, les familles aisées et les beys de Tunis commencent à y établir leurs résidences d’été. Il suffit, pour s’en convaincre, de lorgner sur les palais, jardins et autres demeures qui se cachent derrière les façades !
Et ce fameux bleu ?
C’est évidemment la première chose que l’on remarque : blanc sur les murs, bleu profond sur les portes, fenêtres, grilles et moucharabiehs, soit ces cloisons en bois typiques de la région. On pourrait croire à une tradition millénaire… Mais elle est en réalité beaucoup plus récente !
Au début du XXe siècle, le peintre et musicologue Rodolphe d’Erlanger s’installe à Sidi Bou Saïd et joue un rôle majeur dans la sauvegarde de son architecture. Il y fait construire Ennejma Ezzahra, une spectaculaire demeure d’inspiration arabo-andalouse dominant la Méditerranée. Aujourd’hui transformé en Centre des musiques arabes et méditerranéennes, le palais reste l’un des endroits incontournables du village. Et le bleu et blanc qui caractérise désormais Sidi Bou Saïd ? Il s’impose progressivement comme sa signature visuelle… Par la suite, Sidi Bou Saïd a attiré artistes, écrivains et musiciens tout au long du XXe siècle…
Un voyage qui comprend l’âme du village !
Et dans notre circuit La Tunisie secrète, la transition est particulièrement intéressante : le même jour, les voyageurs passent des vestiges antiques de Carthage aux ruelles de Sidi Bou Saïd ! Deux sites désormais inscrits par l’UNESCO, séparés de quelques kilomètres seulement et pourtant issus de périodes complètement différentes !