Près de 90.000 randonneurs par an, des refuges pris d’assaut et des maires à bout de souffle. Les communes françaises du Tour du Mont-Blanc sifflent la fin de la récré : dès 2027, pas de nuit sans réservation et le bivouac sauvage passe à la trappe !

Le Tour du Mont-Blanc (TMB pour les intimes) reste le rêve de bien des randonneurs : 170 kilomètres, 10.000 mètres de dénivelé positif et trois pays traversés, France, Italie et Suisse. Le problème, c’est que de nombreux randonneurs s’y collent, ce qui rend le bazar fameusement complet… Selon l’AFP, la fréquentation a bondi de près de 50 % depuis le Covid pour atteindre quelque 90.000 trekkeurs par an ! Résultat : des tentes plantées n’importe où, des zones naturelles piétinées… Le surtourisme dans tous ses extrêmes !

7 communes serrent la vis

Mi-septembre, sept communes françaises ont acté le virage : Vallorcine, Chamonix, Les Houches, Saint-Gervais, Les Contamines-Montjoie, Beaufort et Bourg-Saint-Maurice. Autour de la table, maires, gardiens de refuge, gîtes, guides, transporteurs et services de l’État. Leur charte doit être signée d’ici la fin de 2026. Le ton est donné par Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais, cité par l’AFP : « Face aux excès, on montre que maintenant le côté open bar c’est terminé ! »

Une réservation pour chaque nuit

En saison estivale, quiconque parcourt le TMB en itinérance sur sa partie française devra présenter une réservation d’hébergement : refuge, hôtel, camping ou aire de bivouac autorisée. Une brigade verte arpentera les sentiers pour vérifier que chacun a bien son sésame.

Le bivouac sauvage, c’est fini

Planter sa tente au gré de l’inspiration ? Terminé. Le bivouac ne sera toléré que sur des aires dédiées, équipées de toilettes et d’un point d’eau, avec une jauge et une redevance dont le montant reste à fixer. Les campings autorisés devront, eux, respecter des normes minimales.

Les valises restent en bas

Autre cible : le transport de bagages, devenu un business à part entière. Seuls les sacs de trek seront admis, et les transporteurs devront composer avec des horaires encadrés. La charte veut aussi remettre les guides locaux au centre du jeu.

Reste que la régulation n’a rien d’une lubie savoyarde. L’ascension du mont Blanc est déjà encadrée depuis 2020, sous l’œil d’une brigade blanche de gendarmerie, et d’autres massifs français, comme les Écrins ou les Bauges, appliquent des mesures comparables.

Et l’Italie, et la Suisse ?

C’est le grand point d’interrogation. Les nouvelles règles ne concernent que la partie française du parcours. Courmayeur et le Valais ne se sont pas engagés sur des mesures identiques, même si les élus français plaident pour une harmonisation à trois.

Pour les randonneurs belges qui lorgnent sur l’été 2027, le conseil tient en un mot : anticiper. Selon Tourisme Haute-Savoie, les réservations pour la saison 2027 ouvrent dès le 15 octobre 2026. Si le Mont-Blanc se mérite, désormais il se réserve aussi !