En Namibie, cette « galerie d’art » à ciel ouvert a plusieurs milliers d’années

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En Namibie, cette « galerie d’art » à ciel ouvert a plusieurs milliers d’années

Julie Docsterd
Julie Docsterd

C’est une « galerie d’art » franchement insolite, auquel votre serviteur a eu l’occasion de visiter voici une grosse dizaine d’années… Cela dit, il y a peu de chances que les tableaux aient changé, puisque les œuvres sont exposées depuis des millénaires !

Au milieu du Damaraland, des rhinocéros, éléphants, girafes et autruches apparaissent sur les rochers. C’est assez unique ! Twyfelfontein, un site archéologique de cette région semi-désertique, possède l’une des plus importantes concentrations de gravures rupestres d’Afrique. Et dire que la chose est reconnue est un euphémisme : l’UNESCO y voit d’ailleurs un témoignage exceptionnel des pratiques de communautés de chasseurs-cueilleurs sur une période d’au moins 2.000 ans !

Le circuit Vacancesweb consacré à la Namibie y fait étape juste après Etosha.

Un bestiaire gravé dans le grès

La particularité du site tient d’abord à la diversité des représentations. On reconnaît rhinocéros, éléphants, autruches, girafes, zèbres et antilopes, mais aussi de nombreuses empreintes animales et humaines. La girafe est particulièrement fréquente. En revanche, et vous vous posiez sûrement la question, les figures humaines sont étonnamment rares… Notons tout de même que si certaines figures sont très reconnaissables ; d’autres deviennent beaucoup plus symboliques ou géométriques. Pour arriver à ce résultat, les artistes ont travaillé directement la surface du grès en la piquetant, en la frottant ou en la polissant.

Ce n’était probablement pas un simple carnet de chasse

Pendant longtemps, l’art rupestre a parfois été interprété comme une simple représentation de la faune environnante. Pour l’UNESCO, il y a toutefois une vraie dimension rituelle ! Les gravures témoignent des croyances et pratiques de communautés San (des peuples autochtones d’Afrique australe) de chasseurs-cueilleurs et montrent notamment l’importance des points d’eau dans leur organisation. L’emplacement n’est donc probablement pas fortuit : dans un territoire aussi aride, une source fiable pouvait concentrer humains et animaux et prendre une importance économique autant que spirituelle.

Un phoque au milieu du désert ?

L’une des représentations les plus intrigantes est celle d’un animal marin, généralement interprété comme un phoque. Twyfelfontein se trouve pourtant à bonne distance de l’Atlantique ! On peut donc supposer que les groupes qui fréquentaient le site connaissaient la côte ou entretenaient des contacts avec des populations qui la fréquentaient.

Un site protégé depuis 2007 par l’UNESCO

Twyfelfontein est devenu en 2007 le premier site namibien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Son authenticité est remarquable : à l’exception d’un panneau déplacé au Musée national de Windhoek au début du XXe siècle, les gravures sont restées là où leurs auteurs les ont réalisées.

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