Le carnaval, moi, j’adore ça. Fêter la fin de l’hiver et le retour prochain du printemps, c’est tout un symbole ! En Wallonie, les carnavals ne manquent pas : ils débutent en février et se poursuivent jusqu’en mars.
On a jeté un coup d’œil à l’agenda : c’est à Emines, en province de Namur, que les festivités allaient démarrer. Nous n’avions pas le temps pour y passer le week-end entier, mais on avait réservé notre dimanche gras : les Chevaliers d’Emines nous attendaient pour le Carnaval du Dragon. Mais avant cela, nous avions prévu de nous promener aux alentours d’Emines, village de La Bruyère. On s’est garés à la Ferme d’Huplanche (route de Rhisnes) et on est partis pour environ 6 km de marche.
Sur notre chemin, on a vu de nombreux vestiges d’une agriculture jadis structurée autour des grandes censes. Les fermes de la Tour, de Saint-Martin, de la Gloriette en sont de jolis exemples. Certaines sont en réaffectation ; d’autres semblent se redéployer. Mais toutes sont impressionnantes. Les chemins et sentiers manquent par contre de balisages : heureusement que l’amoureux a un GPS dans la tête.
Après notre immersion dans cette ruralité, on a rejoint le cortège carnavalesque qui déambulait dans les rues bruyèroises. Ici, les Chevaliers, aidés par leurs dames et leurs enfants, doivent sauver leur village du dragon Fashoom. Parce que celui-ci revient chaque année pour semer la zizanie : piller l’eau, bloquer les saisons, voler les récoltes de blé… Les costumes étaient hauts en couleur : un régal pour les yeux. Et parce que nos ventres criaient, on s’est offerts de la quiche traditionnelle et du champagne, comme le font les Chevaliers pour débuter leur journée de combat. On s’est laissé porter par la liesse populaire : cela fait tant de bien de seulement vivre l’instant présent. Trois heures de détente festive. Et un énorme paquet de frites, bien chaudes !
L’embrasement du Village, le choc des titans et le spectacle de feu nous en ont ensuite mis plein la vue. Je suis toujours impressionnée par les artistes : moi, je craque une allumette et je me brûle les doigts. On a assisté au boutage du grand feu : j’en ai profité pour y jeter discrètement quelques rancœurs et chagrins. Hop ! Partis en fumée. Et puis, on a admiré le feu d’artifice. Regarder une pluie de couleurs tomber du ciel, blotti contre celui ou celle qu’on aime, c’est grisant ! Au retour, j’ai lâchement abandonné l’homme au volant : j’ai ronflé tout le trajet, jusqu’à la maison. Je rêvais sans doute à la suite déjà ! A nous les carnavals et les légendes ancestrales…