Ce célèbre territoire de Provence conserve des pépites cachées que seuls – ou presque - les locaux connaissent. Voici les lieux à visiter et les chemins de traverse à prendre pour découvrir le « vrai » Luberon.
Gordes, Bonnieux, Roussillon. Qui n’a jamais entendu parler de ce trio, parmi les villages les plus connus de France ? Oui mais, s’ils sont remarquables, ils ne résument pas à eux seuls la beauté du territoire, pays de cocagne aux vertus cachées plus nombreuses qu’il parait. Avec le Luberon, c’est simple : plus on s’éloigne de la gare TGV d’Avignon, plus la région prend des accents d’authenticité, loin du bling-bling et des mas-hôtels 5 étoiles. C’est donc à l’est et sur son versant sud que le massif protège des trésors villageois, naturels et de terroir méconnus.
Gorges d’Oppedette © Philippe Bourget
Ainsi des randonnées. Au-delà d’Apt, « capitale » du Luberon, les carrières d’ocre de Rustrel valent mieux que celles de Roussillon, trop fréquentées en saison. Au menu : une balade pédestre insolite dans la poussière rouge et un décor de far-west, autour d’anciennes carrières exploitées jadis pour ce pigment utilisé en décoration et en maçonnerie. Les locaux aiment aussi marcher dans les gorges d’Oppédette. A 25 km d’Apt, l’échancrure, inattendue, entaille le relief calcaire sur près de 3 km. Il faut 3 heures pour effectuer la balade du « tour des gorges », creusées par la rivière Calavon.
gorges de Véroncle © KODAK DC280 ZOOM DIGITAL CAMERA
Au sud, arrêt à Mérindol, beau village ayant abrité jadis des Vaudois, mouvement religieux né au Moyen Âge puis rattaché à la Réforme – petit musée sur place. Quand on vit ici et qu’il fait beau, les familles aiment remonter à pied les gorges du Régalon, chas d’aiguille percé entre de hautes parois calcaires. Même à Gordes on peut trouver la paix. Quel touriste connait les gorges de Véroncle, vallon sec et sinueux livrant les vestiges de plusieurs moulins ?
A vélo, les occasions d’échapper à la foule sont nombreuses. Certes, il y a la Véloroute du Calavon, tracée au cœur du territoire, empruntant le pont Julien, vestige de la via romaine Domitia. Pour la tranquillité, direction le Tour des Crêtes du Grand Luberon, un parcours VTT de 20 km au départ de Vitrolles-en-Luberon. Parfait pour admirer les grands paysages. Autre option : le tour du Pays d’Aigues, itinéraire de 85 km tracé à travers les vignes, livrant au printemps cerisiers et amandiers en fleurs. Solitude quasi assurée. En passant à la Motte d’Aigues, une confidence : en juin, arrêtez-vous cueillir des cerises au verger communal et baignez-vous à l’étang de la Bonde, 2 endroits connus des seuls locaux.
Cucuron © Philippe Bourget
Ces circuits dévoilent des villages méconnus. Au sud, moment de détente autour du grand bassin de Cucuron, long étang ombragé de platanes, avant de se perdre dans les ruelles de ce bourg provençal authentique aux maisons groupées dans une enceinte médiévale, avec beffroi, donjon… et boutique associative de créatrices, la Cuc Factory. Au nord, tournons le dos aux poncifs. Cap sur Viens, niché à la limite du Vaucluse et des Alpes-de-Haute-Provence. On se promène dans les ruelles d’un bourg joliment perché sur un castrum, vibrant d’initiatives citoyennes (mairie bioclimatique, jardins partagés…).
Viens © Philippe Bourget
Montjustin vaut aussi le détour. Ce micro village fréquenté jadis par Jean Giono et l’immense photographe Henri Cartier-Bresson (inhumé au cimetière), isolé sur une colline loin des axes de passage, domine superbement la ligne verte et douce du Luberon. Côté terroir, enfin, fuyons les stéréotypes. Au marché d’Apt, très touristique, on préfèrera ceux de Reillanne (le dimanche) et de Ceyreste (le jeudi). Ils révèlent les trésors de bouche de cette terre agricole, souvent cultivée en « bio ». Un dernier clin d’œil à ce Luberon conservant derrière les clichés de vrais accents de virginité.
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