© kartik-jaiswal
Vu d’en haut, on peut franchement se demander de quoi il s’agit. Escalier vers les entrailles de la terre ou temple inversé imaginé par un architecte qui a abusé des substances illicites ? Ce que vous avez devant les yeux, Chand Baori, c’est en réalité un… puits. Mais pas exactement le modèle rond avec une corde et un seau qui se trouve au fond du jardin. Dans le village d’Abhaneri, à quelque 90 kilomètres de Jaipur, ce gigantesque ouvrage descend dans le sol par une succession presque vertigineuse de degrés parfaitement alignés !
Environ 3.500 marches composent cette architecture vieille de plus de mille ans. Le circuit consacré au Rajasthan proposé par Vacancesweb s’y arrête précisément entre Jaipur et Agra, avant de poursuivre vers un monument « légèrement » plus connu : le Taj Mahal.
Un escalier construit pour suivre l’eau
Le Rajasthan n’est pas réputé pour ses pluies généreuses. Pendant des siècles, capter et conserver l’eau a donc été une question de survie. C’est dans ce contexte qu’apparaissent les baoris, ces puits caractéristiques de plusieurs régions du nord et de l’ouest de l’Inde.
Le principe est aussi ingénieux qu’évident : au lieu de construire simplement un puits vertical, on crée un vaste bassin auquel on peut descendre grâce à des escaliers. Lorsque le niveau d’eau baisse pendant la saison sèche, il suffit donc de descendre davantage ! Chand Baori en est probablement l’un des exemples les plus spectaculaires et c’est une véritable œuvre architecturale !
3.500 marches et une géométrie presque irréelle
Chand Baori remonte au IXe siècle et aurait été édifié sous le roi Chanda, de la dynastie Nikumbha. Sur trois côtés du bassin, les escaliers forment une succession impressionnante de triangles et de diagonales. Ils convergent progressivement vers le niveau inférieur. C’est probablement cette répétition presque parfaite qui donne au monument son aspect si étrange : à mesure que l’on regarde vers le fond, les marches semblent se multiplier !
Le quatrième côté rompt totalement cette géométrie : il accueille un… pavillon à trois étages, avec galeries, balcons et fenêtres sculptées, autrefois associés aux espaces fréquentés par la famille royale.
De l’eau… mais aussi un peu de fraîcheur
La profondeur du bâtiment avait un autre avantage : la fraîcheur ! En descendant vers le niveau de l’eau, les habitants trouvaient un espace nettement moins exposé aux températures extrêmes de la surface. Les baoris servaient donc non seulement à s’approvisionner en eau, mais aussi à se retrouver !
Un temple juste à côté
L’ensemble est complété par le temple de Harshat Mata, daté des IXe-Xe siècles et situé immédiatement à côté du puits. Dans la tradition locale, Harshat Mata est associée à la joie et au bonheur.
Fallait-il vraiment construire 3.500 marches ?
Oui, car elles permettaient d’accéder à l’eau quel que soit son niveau ! Mais leur multiplication avait aussi un avantage pratique : plusieurs personnes pouvaient utiliser simultanément l’ouvrage, depuis différents niveaux. La structure épouse donc les variations importantes de la nappe et des réserves disponibles.
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