Boîtes de nuit : pourquoi les touristes et les locaux les délaissent ?

01-02-2026
La Cabane éteint la boule à facettes, le Spirito annonce sa fin. L’hécatombe des clubs bruxellois fait peur, mais la contre-attaque est lancée. Quid dans le reste du monde ?
night club
© AJ

On ne va pas se mentir, l’ambiance est un peu morose sur le dancefloor bruxellois ces derniers temps. Si vous avez raté les derniers épisodes de cette saga, voici le résumé : La Cabane arrête ses activités de clubbing en décembre 2025 pour se transformer en espace événementiel “polyvalent” (comprenez : moins de basses, plus de réunions d’entreprise), et le Spirito a déjà programmé ses adieux pour 2026.

Ce qui se passe à Bruxelles n’est pas une fatalité locale, mais le symptôme d’une poly-crise mondiale. Et la bonne nouvelle, c’est que notre capitale a peut-être trouvé la recette pour ne pas finir comme ses voisines…

Le scénario catastrophe à l’anglaise

Pour comprendre ce qu’on essaie d’éviter, il suffit de regarder de l’autre côté de la Manche. Au Royaume-Uni, on parle carrément de “Dancefloor Devastation”. Entre décembre 2023 et juin 2024, nos amis britanniques ont perdu 65 discothèques (sources : CGA Neilson). Certains annoncent même plus d’un demi-millier de boîtes de nuit qui ont fermé depuis le covid ! À Londres, la réputation des activités nocturnes n’a pas suffi à endiguer l’hémorragie.

L’Agent du Changement : le concept qui peut tout sauver

Heureusement, la fédération Brussels By Night ne compte pas se laisser faire. Plutôt que d’attendre un miracle, ils ont posé sur la table 21 mesures concrètes pour sauver les meubles. Parmi elles, une idée de génie qui pourrait bien changer la donne : le principe de l’Agent of Change.

Le concept est brillant de simplicité : c’est au dernier arrivant de s’adapter. Si un promoteur immobilier décide de construire des appartements de luxe à côté d’un club historique comme le Fuse, c’est à lui de payer l’insonorisation des logements, et non au club de baisser le son. Fini les plaintes de voisinage abusives de la part de locataires qui s’installent dans un quartier festif en espérant le calme d’un monastère. C’est juridique, c’est logique, et c’est vital pour la survie du patrimoine.

Vers une nuit plus “safe” et… plus tôt?

Mais sauver les murs ne suffit pas, il faut aussi rassurer les esprits. La nuit bruxelloise fait son examen de conscience avec le protocole « Nothing Without My Consent ». L’objectif est clair : remettre la sécurité et l’inclusivité au centre de la fête, avec des formations pour le staff et une tolérance zéro pour les comportements prédateurs.

Et si l’avenir de la nuit se passait… le jour? C’est la tendance lourde qui nous vient de Berlin et Londres : le « daytime raving ». Les fêtards, vieillissants ou simplement soucieux de leur sommeil, préfèrent désormais sortir de 17h à 23h. On danse, on transpire, et on est au lit à minuit avec une tisane. C’est peut-être moins rock’n’roll sur le papier, mais si cela permet aux clubs de remplir leur caisse sans déranger les voisins à 4h du matin, c’est un compromis qu’on est prêts à accepter !