À l’approche du Forum économique mondial de Davos, une autre statistique que les indicateurs financiers fait parler d’elle : celle du trafic aérien privé. Selon un rapport de Greenpeace, pas moins de 709 vols en jet privé supplémentaires ont été enregistrés autour de Davos lors de l’édition 2025. Un chiffre en hausse de 10 % par rapport à 2024 et tout simplement trois fois plus élevé qu’en 2023. Le tout, sans augmentation notable du nombre de participants.

Le rapport, baptisé Davos in the Sky et rédigé par le think tank berlinois T3 Think Tank, a passé au crible les aéroports de la région pendant la semaine du forum. Conclusion : ce ne sont pas plus d’invités, mais davantage de vols répétés, certains jets jouant les taxis aériens pour participants pressés.
Des jets en mode navette
Et c’est bien entendu ce détail qui interpelle : cette augmentation serait ainsi liée à des allers-retours répétés effectués par certains appareils. En clair, des jets privés utilisés comme navettes aériennes pour relier Davos à d’autres grandes villes européennes ou moyen-orientales. L’ONG illustre son propos avec un exemple parlant : un vol en jet privé entre l’Arabie saoudite et Davos pourrait émettre plus de 42 tonnes de CO₂, soit l’équivalent des émissions annuelles de sept Européens.
Pour une station habituellement prisée pour le ski, les randonnées et l’air pur, l’impact est loin d’être anodin. Greenpeace évoque notamment une « hypocrisie » et des vols longue distance capables d’émettre des dizaines de tonnes de CO₂ en un seul trajet, soit l’équivalent de plusieurs années d’empreinte carbone individuelle. Sur les quelque 3.000 participants attendus, dont 400 responsables politiques et 850 dirigeants d’entreprises, près d’un sur quatre serait lié à un vol en jet privé !
L’ONG appelle désormais à des taxes ciblant l’aviation de luxe, dont les jets privés, mais aussi la classe affaire et la première classe. Affaire à suivre…