Sur la côte du Lincolnshire, à l’Est de l‘Angleterre, le National Trust a sacrifié un parcours de 18 trous pour recréer une zone humide. Six ans plus tard, la réserve de Sandilands ouvre officiellement. Et la bonne nouvelle, c’est que les oiseaux migrateurs, eux, n’ont pas attendu le ruban !

Du green au marais : le pari du National Trust

Sandilands, c’était un golf de 18 trous (par 70) coincé entre Mablethorpe et Sutton-on-Sea, sur la côte est de l’AngleterreEn mars 2020, le National Trust, l’association britannique qui protège le patrimoine et les sites naturels du pays, rachète le site grâce au don d’un mécène et à sa campagne Neptune dédiée au littoral. C’est sa toute première acquisition côtière dans le Lincolnshire !

Au menu : 30 hectares, soit l’équivalent de 42 terrains de foot, et 2 kilomètres de côte intégrés au Lincolnshire Coastal Country Park. Après six ans de planification, de concertation et de travaux, la réserve naturelle de Sandilands a été inaugurée ce samedi 26 septembre !

52.000 m³ de terre déplacés pour faire entrer l’eau

Les engins ont déplacé près de 52.000 m³ de terre, l’équivalent de 21 piscines olympiques selon The Independent, pour creuser des plans d’eau, façonner des îlots, installer des roselières et des mares.

Côté végétation, plus de 35.000 arbustes côtiers indigènes ont été plantés : argousier, ajonc, saule marsault et prunellier. Pour les prairies, l’équipe a utilisé la technique du foin vert : on fauche une prairie riche en fleurs sauvages dans une réserve voisine du Lincolnshire Wildlife Trust, puis on étale ce foin encore frais sur le site pour que les graines s’y ressèment.

Un chantier au rythme des nids

« Nous avons été très attentifs aux périodes de nidification et aux cycles migratoires, si bien que les travaux pour transformer ce coin de côte si particulier ont été très “stop-start” », explique Nicola Craven, du National Trust.

Les oiseaux ont devancé l’inauguration

La faune n’a pas attendu la fin du chantier. En 2026, des avocettes et des huîtriers pies ont niché sur place et des poussins de petit gravelot ont été observés pour la deuxième année consécutive. « Avant même que le projet soit officiellement terminé, la nature avait commencé à revenir », se réjouit Katie Scott, ranger du National Trust. « Beaucoup des espèces que nous verrons à Sandilands sont menacées ou rares. »

Un accueil pour tous

Pour les visiteurs : caillebotis, sentiers accessibles à tous les âges et toutes les mobilités, et un centre d’accueil avec café. « C’est fantastique de voir le centre d’accueil et le café ouverts pour offrir un accueil chaleureux aux personnes qui viennent passer du temps dans ce lieu si particulier pour la nature », salue Chris Baron, président de Connected Coast.

Harry Bowell, directeur Terres et Nature du National Trust, résume l’ambition : « Ce projet reflète notre volonté de créer des lieux où les humains et la nature peuvent s’épanouir ensemble. »

Bref, si vous êtes de passage dans le coin, et on vous le conseille car il s’agit d’une magnifique région, trop souvent oubliée des touristes, prévoyez de faire un petit détour !