À probablement 100 €, la future vignette routière belge pourrait-elle freiner les touristes dès 2027 ?

La vignette routière belge est souvent annoncée, mais n’est encore jamais arrivée. Toutefois, contrairement aux tentatives précédentes, il y a cette fois une véritable volonté polontique, tant au niveau Wallon qu’au niveau Flamand ! Les Bruxellois sont dans l’attente d’un nouveau gouvernement, mais ils pourront se joindre à la fête un peu plus tard.
A l’heure d’écrire ces lignes, les rumeurs annoncent un tarif d’environ 100 euros, avec une mise en place dès 2027. Mais vue depuis l’étranger, elle ressemble surtout à un gros ticket d’entrée, peu accueillant.
100 € pour traverser le pays ? L’effet psychologique est réel
Pour un automobiliste belge, la vignette pourrait être compensée via une réforme de la taxe de circulation. Pour un touriste français, néerlandais ou allemand, c’est une dépense nette. 100 € pour quelques jours à Bruges, à Durbuy ou sur la côte belge : le calcul est vite fait. Le risque n’est pas tant financier que psychologique. Une taxe forfaitaire élevée donne le sentiment de “payer trop pour trop peu”, même si le séjour est court.
Le tourisme de proximité en première ligne
La Belgique attire massivement un tourisme de courte durée, souvent motorisé : city-trips, week-ends prolongés, excursions transfrontalières. C’est précisément ce public qui pourrait être découragé. Pour une famille venant deux ou trois jours, la vignette pèse proportionnellement bien plus lourd que pour un résident annuel. Certes, des formules de courte durée sont à l’étude. Mais tant qu’elles ne sont ni claires ni bon marché, l’incertitude joue contre la destination. Et cela reste une formalité qui peut se révéler dissuasive.
Et puis, il y a l’autre coût : on parle d’une vignette à 125 euros pour les véhicules de plus de 20 ans. Et il se trouve que le monde du véhicule ancien est un vrai client dans le monde du tourisme : dès le retour des beaux jours, il n’est pas rare de voir des ancêtres se balader entre nos châteaux, nos musées et nos restaurants. Parfois, avec des plaques étrangères… Et là, la pilule serait difficile à avaler, notamment pour les organisateurs d’événements ! A noter que la BEHVA, la fédération belge des véhicules anciens, milite pour une exemption pour les oldtimers, que ces derniers soient immatriculés en Belgique ou ailleurs en Europe.
Un mauvais signal au mauvais moment ?
Ces dernières années, le tourisme belge se porte bien. Introduire une vignette coûteuse pourrait casser cette dynamique ! Pire : donner l’image d’un pays peu accessible en voiture, alors même que celle-ci reste abondamment utilisée par les visiteurs étrangers, et notamment des pays voisins.