L'IGN vient de sortir une application gratuite qui remonte le temps sur 250 ans ! Et surtout : vingt itinéraires de promenade pour aller vérifier sur le terrain ce que les cartes racontent. Voilà de quoi occuper les prochains dimanches…

Le principe : marcher avec deux siècles et demi d’écart
Topoferrarisviewer, lancé par l’Institut géographique national pour ses 50 ans, superpose 8 cartes de la Belgique couvrant près de 250 ans. La plus ancienne, la carte de Ferraris, date de 1777 !
Et on voit très bien le tableau : en randonnée, vous marchez sur un chemin creux, vous ouvrez l’appli et vous constatez que ce chemin existait déjà avant la Révolution française ! Ou l’inverse : cette drève rectiligne bordée de hêtres n’existait pas et le bois que vous traversez était un champ…
20 promenades thématiques, clés en main
L’application propose vingt itinéraires thématiques, conçus avec des cercles d’histoire locaux et liés au guide Explorez la Belgique avec les cartes historiques de Ferraris, publié chez Racine. Chacun mène vers des traces encore visibles du paysage du XVIIIe siècle ! Vous préférez vos propres parcours ? L’appli accepte l’import de traces GPX. Vous chargez votre boucle habituelle et vous la relisez avec 250 ans de recul !
Elle est disponible sur Google Play et l’App Store, gratuitement et sur ordinateur via topoferraris.ngi.be.
Ce qu’on peut repérer sur le terrain
C’est là que ça devient un jeu. Sur la carte de Ferraris, on lit l’occupation du sol, l’habitat, les routes, les cours d’eau et les limites de paroisses. Sur le terrain, ça se traduit par des indices concrets ! Un alignement d’arbres isolé au milieu d’un champ ? Souvent l’ancienne limite d’une propriété. Un creux dans un pré ? Parfois une mare comblée ou un ancien bras de ruisseau. Un talus qui ne mène nulle part ? Le tracé d’un chemin abandonné. Et puis on peut encore deviner un moulin disparu dont il reste le bief, une abbaye rasée dont subsiste le mur d’enceinte, un village qui s’est déplacé de 300 mètres…
Un objet historique impressionnant
Petit détour par l’histoire, parce qu’elle vaut le coup. Entre 1770 et 1778, le comte Joseph de Ferraris fait lever l’ensemble du territoire pour le compte du gouverneur Charles-Alexandre de Lorraine. Résultat : 275 planches au 1/11.520, entièrement dessinées à la main par des élèves officiers. C’est la première cartographie systématique à grande échelle du pays et l’une des premières d’Europe occidentale. Les originaux appartiennent aux collections de la Bibliothèque royale de Belgique.
Idéal pour les sorties en famille
Deux atouts pratiques. D’abord, c’est gratuit, ce qui est sympa et rare pour une activité de week-end. Ensuite, ça fonctionne partout en Belgique, donc pas besoin de rouler 2 heures : votre commune est sur la carte de 1777, quelle qu’elle soit ! Pour les enfants, le principe du « cherche les différences » entre 1777 et aujourd’hui fonctionne redoutablement bien ! Deux atlas complètent l’ensemble, Le Grand Atlas de Ferraris et l’Atlas topographique de Belgique, parus chez Lannoo en août 2026.