Au Cambodge, derrière les temples stars, des collines calcaires abritent un bestiaire franchement étrange !

En évoquant le Cambodge, on pense généralement à Angkor, plages, marchés, couchers de soleil… Et puis il y a l’autre Cambodge: celui des karsts, ces collines calcaires trouées de grottes, de failles et de cavités où la nature semble s’être offert une petite liberté créative… Dans les provinces de Battambang et Stung Treng, un grand rapport scientifique recense un monde souterrain et forestier assez sidérant !
Des collines qui ressemblent à des îles biologiques
Le plus fascinant, c’est peut-être l’échelle minuscule de ce trésor. Le rapport rappelle que le calcaire ne représenterait qu’environ 1 % de la surface du Cambodge, ce qui rend ces reliefs encore plus précieux. Autrement dit: de petites bosses de pierre, perdues dans le paysage, concentrent une biodiversité qui ferait pâlir bien des destinations plus célèbres !
Ces collines fonctionnent comme des mondes à part. Certaines abritent des espèces cantonnées à un seul site, presque comme si chaque montagne avait signé son propre casting…
Le clou du spectacle: des chauves-souris par millions
À Phnom Sampeu, l’une des grandes scènes naturelles accueille des chauves-souris. Beaucoup de chauve-souris ! Le rapport rappelle que plusieurs grottes de Battambang figurent parmi les plus importantes du pays pour la conservation des populations de Mops plicatus, avec plus de 5,1 millions d’individus recensés sur cinq cavités. La sortie vespérale de la grotte de La Ang Pracheu est même présentée comme l’attraction touristique numéro un de Battambang depuis des années.
Geckos inédits, micro-escargots et autres stars improbables
L’autre surprise, c’est que ces paysages ne sont pas seulement beaux : ils produisent encore du neuf. Le rapport signale la découverte de plusieurs espèces nouvelles pour la science, dont trois geckos, deux micro-escargots et deux mille-pattes déjà formellement décrits. D’autres reptiles, dont un nouveau serpent vipère, sont encore en cours de description…
Le chapitre sur les mollusques ajoute une couche de bizarrerie délicieuse: 72 espèces d’escargots terrestres ont été relevées, avec au moins sept formes supplémentaires susceptibles d’être nouvelles.
Une destination pour amateurs d’étrange, pas de tourisme pressé
Côté faune visible, les pièges photo ont aussi confirmé la présence d’animaux qu’on n’attend pas forcément dans ce décor : pangolin de la Sonde, paon vert, serow, langur argenté d’Indochine ou encore varan du Bengale. Au total, 59 espèces ont été détectées sur neuf collines karstiques.
Bien entendu, tout cela reste fragile. Le rapport évoque les pressions du feu, de certaines formes de tourisme mal gérées, de la chasse, de l’exploitation du guano et surtout des carrières de calcaire.