Au large de Mazara del Vallo, en Sicile, le sondeur d'un bateau signale une masse bizarre. Giacomo De Mola descend voir. À 46 mètres, il tombe sur un navire romain vieux de 2.100 ans, cargaison quasi intacte ! Personne n'avait posé les yeux dessus depuis vingt siècles…
L’écho sur l’écran ressemblait à un rocher. Le pêcheur en apnée Giacomo De Mola décide quand même d’aller vérifier, accompagné d’Igor Bisulli. Sous eux : « une vaste étendue d’amphores », à environ trois milles de la côte sicilienne, par 46 mètres de fond.
« Sans aucun doute la découverte la plus incroyable de ma vie », raconte-t-il. Et cette phrase, qui donne assez bien le vertige du truc : « C’est difficile d’expliquer ce que ça fait d’être parmi les premiers êtres humains, après presque vingt siècles, à revoir cet endroit. » Réflexe précieux : il prévient immédiatement la Surintendance de la Mer de la Région sicilienne.
500 amphores et un bateau resté debout
Le cargo mesurait environ 21 mètres de long sur 6 de large. Il repose droit, dans sa position de navigation d’origine, comme s’il s’était simplement posé là. À bord, plus de 500 amphores en grande partie intactes : il s’agissait d’un modèle haut et cylindrique associé au transport du vin romain. Attention quand même au raccourci : il n’est pas dit que les explorateurs ont siphonné le pinard !
Deux gros jas d’ancre en plomb d’environ 1,70 mètre chacun gisent à la proue et une pièce en plomb de la pompe de cale a été identifiée. Le tout situe le naufrage entre le IIe et le Ier siècle avant J.-C.
Et maintenant ?
L’archéologue sous-marin Salvo Emma annonce la suite : « Nous avons achevé un relevé tridimensionnel qui va maintenant nous permettre d’étudier la cargaison de l’épave en détail. » Côté officiel, le ministre italien de la Culture Alessandro Giuli parle de « l’une des découvertes archéologiques sous-marines les plus importantes de ces dernières années », avant d’ajouter que « la mer continue de nous rendre de précieux fragments de notre histoire ».