Ce trouble psychologique, qui frappe de nombreux touristes qui débarquent dans la capitale française, est un cas unique au monde. Et autant dire qu’à Paris, on en a plutôt honte…
© John Towner
On l’associe souvent aux touristes japonais, mais ils ne sont pas les seuls concernés ! En réalité, ce phénomène est généralement présenté comme une forme intense de choc culturel, parfois aggravée par la fatigue du voyage, le décalage horaire et la pression émotionnelle liée au séjour.
Pourquoi Paris en particulier ?
Parce que la ville continue, partout dans le monde, à faire rêver. Dans l’imaginaire collectif, Paris évoque encore le romantisme, le luxe, l’élégance, les cafés charmants et une atmosphère presque parfaite. Or, une fois sur place, certains visiteurs se retrouvent face à une grande métropole moderne, avec ses foules, son bruit, ses transports bondés, ses rues parfois sales, ses travaux et, comme dans beaucoup de villes très touristiques, quelques problèmes d’insécurité ou d’incivilité. Le décalage entre l’image idéalisée et la réalité peut alors être très brutal !
Ce décalage touche aussi les codes sociaux : certains voyageurs peuvent être surpris par une façon de parler jugée plus directe, par le rythme stressant de la ville ou par la difficulté à communiquer lorsqu’ils ne maîtrisent pas bien la langue. Chez certaines personnes, tout cela s’additionne : fatigue, solitude, barrière linguistique, attentes trop élevées et perte de repères… Bref, Paris déçoit parfois, mais elle ne porte pas toujours l’entière responsabilité !
Bien plus qu’une simple déception !
On parle notamment de crises d’angoisse, de panique, de palpitations, de vertiges, de sueurs, d’un sentiment d’irréalité ou de confusion. Dans les cas les plus sévères, des épisodes de délire ou d’hallucinations ont aussi été rapportés ! Heureusement, ces manifestations restent rares et sont le plus souvent passagères, à condition que la personne soit rapidement prise en charge, mise au repos et, si nécessaire, suivie médicalement… Il faut aussi rappeler un point important : le syndrome de Paris est plutôt à considérer comme un choc culturel ou des troubles psychiques liés au voyage.
Concernant son origine, les travaux sur les troubles psychiques de Japonais vivant ou séjournant à Paris remontent au début des années 1980. Le terme a ensuite été popularisé dans les années 1980 par le psychiatre japonais Hiroaki Ota, installé à Paris, puis repris dans des publications médicales consacrées au voyage pathologique.