Monténégro : patrimoine mondial de l’Unesco et douceur méditerranéenne

Monténégro : patrimoine mondial de l’Unesco et douceur méditerranéenne
20-08-2026
Après la partie « active » de notre séjour au Monténégro, il est temps d’en apprendre davantage sur la culture et l’histoire du pays, avec une fin de voyage digne à la fois d’un city-trip et de vacances balnéaires. Nous quittons l’intérieur des terres pour reprendre la direction de l’aéroport et de la côte, avec au programme une baie qui en met véritablement plein la vue !
Perast - Kotor bay
La baie de Kotor affiche un petit air d’Italie et ce n’est pas un hasard… © Arnaud Henckaerts

Avant de dire définitivement au revoir à l’intérieur du pays, nous nous accordons tout de même une dernière activité sportive au lac Piva. Ce lac artificiel est né de la construction d’un barrage et d’une centrale hydroélectrique sur la rivière Piva. Il s’étend sur 45 kilomètres et couvre une superficie totale de 12,5 km², tandis qu’à certains endroits, sa profondeur atteint pas moins de 188 mètres !

Sports nautiques

Sur la route, nous nous arrêtons au point de vue de Babina Greda. De là, on bénéficie d’un superbe panorama sur le lac ainsi que sur le Volujak, la deuxième plus haute montagne du pays qui sépare le Monténégro de la Bosnie-Herzégovine. Nous y découvrons également des stećci, ces pierres tombales provenant ici d’un cimetière bogomile. Cette communauté religieuse, aujourd’hui disparue, a laissé de nombreuses traces dans toute la région !

Piva Lake
Artificiel, le lac Piva se prête parfaitement aux sports nautiques. © Arnaud Henckaerts

Mais il est déjà temps de repasser à l’action. Plutôt qu’une promenade en bateau sur le lac (ce qui est également possible), nous choisissons de faire du kayak au départ de Plužine, modeste capitale de la région installée au bord de l’eau. Pagayer sur un lac est plus physique et exigeant que de se laisser tranquillement porter par le courant de la Lesse, par exemple. Ici, il faut réellement faire travailler les bras. Pour reprendre notre souffle, nous faisons une courte pause sur un îlot du lac, vestige d’un village englouti lors de la création du barrage. Le monastère de Piva, datant du XVIe siècle, a quant à lui pu être sauvé. Il a été démonté puis reconstruit quelques kilomètres plus loin dans les années 1980. Nous nous y arrêtons brièvement avant de poursuivre vers notre prochaine destination : la baie de Kotor.

kayak
Cela faisait un moment que nous n’avions plus fait de kayak et sur un lac, l’expérience est bien différente de celle d’une descente de rivière. © Arnaud Henckaerts

Un « fjord » aux accents italiens

La baie de Kotor est l’un des grands incontournables touristiques du Monténégro et figure depuis 1979 au patrimoine mondial de l’Unesco. On la présente parfois comme le fjord le plus méridional d’Europe, même si elle est en réalité née de mouvements tectoniques et non de l’action des glaciers, comme un véritable fjord. Peu importe : avec son atmosphère méditerranéenne et presque italienne, l’endroit a un charme fou ! Et ce n’est pas un hasard. Les nombreux villages médiévaux installés le long de cette côte sinueuse, avec leurs petits ports bien abrités, appartenaient autrefois à la République de Venise.

Perast
Perast faisait autrefois partie de la République de Venise, une influence qui se retrouve encore aujourd’hui dans ses élégants palais. © Arnaud Henckaerts

Nous faisons halte à Perast pour observer les traces du riche passé de la région, notamment les nombreux palais construits durant la période vénitienne pour de riches marins. Mais aussi, bien sûr, pour profiter de la superbe vue sur la baie et sur ses deux îlots : Our Lady of the Rocks et St George. Si vous disposez d’un peu plus de temps, vous pouvez rejoindre le premier en bateau et admirer la baie depuis l’eau. De notre côté, nous restons sur la terre ferme pour nous imprégner de l’atmosphère et goûter, sur la terrasse du restaurant Armonia, à la célèbre « Peraška torta », un gâteau aux amandes et au citron. Je ne sais pas comment on traduit la dolce vita italienne en monténégrin, mais une chose est sûre : ici aussi, on maîtrise parfaitement le concept !

Perast Cake
La célèbre « Peraška torta ». © Arnaud Henckaerts

Un tourisme côtier très développé

Au cours de ce voyage, nous avons droit à de nombreux aperçus du Monténégro, une sorte de « Best Of » du pays. C’est agréable, mais aussi un peu frustrant, car nous croisons en chemin quantité de sites que nous aurions volontiers pris le temps de découvrir. À Tivat, par exemple, également située dans la baie, nous ne faisons que nous arrêter pour dîner. Nous ne voyons donc rien de la très chic marina « Porto Montenegro », du Musée maritime ni des nombreux bâtiments historiques de cette ancienne base navale. Une petite ville à ajouter sans hésiter à votre liste si vous prévoyez davantage de temps autour de la baie de Kotor !

Kotor
Les imposantes fortifications de Kotor rappellent à quel point la ville fut autrefois disputée. © Arnaud Henckaerts

Nous avons heureusement davantage de temps pour découvrir Kotor elle-même, nichée tout au fond d’un bras de la baie qui porte son nom.

Et tant mieux, car sa vieille ville mérite réellement la visite. Les passagers des bateaux de croisière sont visiblement du même avis. Au moment où nous arrivons, à la tombée du jour, un groupe entier de touristes débarque d’un paquebot qui semble dominer la ville par sa taille. Autant dire que l’ambiance est animée dans le centre historique !

Kotor : patrimoine mondial de l’Unesco

La vieille ville fortifiée de Kotor était autrefois l’une des cités stratégiques de la République de Venise et parvint à résister aux Ottomans. Avec ses ruelles étroites, ses impressionnantes places et ses églises, elle figure au patrimoine mondial de l’Unesco et mérite absolument le détour !

Kotor Sea Gate
La Porte de la Mer de Kotor porte la date de la libération de la ville après l’occupation nazie. © Arnaud Henckaerts

Le clocher du XVIIe siècle, la place centrale, la cathédrale, les nombreux restaurants… l’atmosphère est particulièrement agréable. Kotor réserve également une surprise aux amoureux des chats : on y croise non seulement de nombreux chats errants (qui sont d’ailleurs bien soignés) mais la ville possède aussi un musée consacré aux félins. Historiquement, les chats jouaient en effet un rôle important puisqu’ils permettaient de limiter la population de rongeurs et, avec elle, les maladies qu’ils pouvaient transmettre.

kotor
À la tombée du jour aussi, Kotor est particulièrement agréable. © Arnaud Henckaerts

Nous passons la nuit dans un complexe hôtelier à Budva, sur la côte adriatique, juste à côté de la baie de Kotor. La Riviera monténégrine est une destination touristique de longue date et dispose donc d’infrastructures particulièrement bien développées. Le choix d’hébergements est vaste : campings, appartements, hôtels familiaux, beach clubs ou resorts exclusifs. L’endroit idéal pour une escapade sous le soleil, avec la possibilité de troquer de temps à autre votre transat contre une sortie culturelle dans la baie de Kotor ou à l’intérieur du pays.

Un téléphérique avec vue imprenable

Avant de reprendre notre vol vers la Belgique depuis l’aéroport de Podgorica, nous retournons une dernière fois vers l’intérieur du pays, en direction de Cetinje, l’ancienne capitale du Monténégro. Et nous y allons (du moins en partie) d’une façon assez originale : en empruntant le téléphérique au départ de Kotor !

Kotor cable car
Le téléphérique est le moyen idéal pour admirer la baie de Kotor depuis les airs.

Une expérience originale, mais surtout une occasion exceptionnelle de contempler la baie depuis les hauteurs. Un panorama dont on peut profiter tranquillement, un verre à la main, depuis Forza Kuk, le restaurant situé à l’arrivée du téléphérique. Si vous n’êtes pas pressé et que le vertige ne vous fait pas peur, vous pouvez également tester la luge sur rails aménagée au sommet, avec vue sur le littoral.

Kotor high
Une fois au sommet, plusieurs activités de détente ainsi que des établissements horeca sont proposés. © Arnaud Henckaerts

Sur la route de Cetinje, nous apercevons également le mausolée de Lovćen, construit en 1974 à 1.660 mètres d’altitude. Il abrite la dernière demeure de Petar II Petrović Njegoš, prince-évêque, écrivain et philosophe particulièrement apprécié des Monténégrins, décédé en 1851. Il avait initialement été enterré dans sa ville natale de Cetinje, avant que sa dépouille ne soit transférée ici dans les années 1950. Aujourd’hui, le lieu fait partie de ceux que tout Monténégrin se doit d’avoir visités au moins une fois !

Cetinje : l’ancienne capitale

Cetinje
Cetinje dégage à la fois une certaine grandeur et une grande tranquillité, en contraste avec la région côtière. © Arnaud Henckaerts

À partir du XVe siècle, Cetinje fut le siège de la dynastie royale Petrović-Njegoš. Entre 1878 et 1914, elle fut également la capitale royale du Monténégro, un rôle aujourd’hui occupé par Podgorica. C’est une petite ville paisible qui conserve plusieurs monuments rappelant son passé royal. Le palais du roi Nikola, par exemple, qui abrite aujourd’hui le musée national, mais aussi le Musée ethnographique et la « Biljarda ». Cette dernière fut construite comme résidence de Petar II et reçut son nom lorsque le prince-évêque se vit offrir une table de billard, son passe-temps favori. C’était la première du pays !

Cetinje Biljarda
La Biljarda fait aujourd’hui partie des musées nationaux que l’on peut visiter à Cetinje © Arnaud Henckaerts

Il y a aussi le Palais bleu qui est aujourd’hui la résidence officielle du président du Monténégro. Cetinje compte par ailleurs plusieurs musées, théâtres et autres curiosités. Le rythme paisible de la ville en fait une étape idéale lorsque l’on souhaite échapper un moment à l’animation de la côte !

 Blue Palace Cetinje
Cetinje n’est peut-être plus la capitale, mais le Palais bleu reste bien la résidence du président. © Arnaud Henckaerts

Sur la route de l’aéroport de Podgorica, nous faisons une dernière halte à Njeguši, histoire de profiter une ultime fois des excellents vins du pays et d’acheter quelques fromages locaux ainsi que du prosciutto. Une conclusion parfaite à cette délicieuse première découverte du Monténégro, qui donne clairement envie d’y revenir !

Pratique

Depuis la Belgique, des vols permettent de rejoindre quotidiennement le Monténégro, soit en direct de Charleroi à Podgorica, soit depuis Bruxelles vers Tivat avec une escale. Tivat se trouve plus près de Kotor et du littoral. Si vous souhaitez découvrir le parc national de Durmitor et profiter pleinement des possibilités de randonnée, mieux vaut viser la période de mars à octobre, car les chutes de neige peuvent être importantes dans la région pendant les mois d’hiver. La côte bénéficie quant à elle, d’un climat méditerranéen et constitue donc une destination agréable toute l’année… sauf, bien entendu, si vous préférez éviter les fortes chaleurs estivales !

Kotor Bay
Sport, culture ou détente absolue… le Monténégro est une destination de vacances particulièrement polyvalente. © Arnaud Henckaerts

Bien que le Monténégro ne fasse pas partie de l’Union européenne, une carte d’identité suffit si vous prévoyez d’y séjourner moins de 30 jours. Au-delà, un passeport est nécessaire. Sur place, vous payerez en revanche bien en euros, mais n’oubliez pas les éventuels frais liés aux appels téléphoniques et à l’internet mobile. Une eSIM ou une carte SIM locale est donc recommandée.

Plus d’infos et planifiez votre voyage : www.visit-montenegro.com

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