Pitcairn : un « paradis » à l’autre bout du monde mais avec une facette fort sombre…

Pitcairn : un « paradis » à l’autre bout du monde mais avec une facette fort sombre…
09-08-2026
Une île minuscule, une mer immense et une histoire lourde : Pitcairn fascine autant qu’elle dérange !
Pitcairn Island Coast View from the Top of a Cliff
© Annalucia - stock.adobe.com

Les îles Pitcairn sont littéralement à l’autre bout du monde. Y aller, c’est une véritable expédition. Et il faut le vouloir : l’île principale mesure à peine 3,2 km sur 1,6 km. Et on rajoute à ça une histoire qui fait franchement froid dans le dos. Bref, on ne vous vend pas du rêve, mais il y a tout de même quelques éléments fascinants sur cette île !

Situé dans le Pacifique Sud, ce territoire britannique d’outre-mer regroupe quatre îles : Pitcairn, Henderson, Ducie et Oeno. Toutefois, une seule de ces îles est habitée, à savoir Pitcairn elle-même. Le gouvernement local évoque une population d’environ cinquante personnes, concentrée autour d’Adamstown, la minuscule capitale !

Une destination franchement atypique

Pas d’aéroport, pas de marina, pas de resort avec buffet et bracelet fluo. Rien de tout ça ! Pour y arriver, il faut d’abord rejoindre Mangareva, en Polynésie française (ce qui réclame déjà quelques avions), puis embarquer sur un bâteau pour une traversée d’environ 32 heures. En clair, vous séjournerez à Pitcairn pour un nombre de jours bien précis, avec quasi-impossibilité de raccourcir brutalement le séjour en cas d’urgence…

Et pourtant, elle est sublime !

Pourquoi y aller ? Parce que Pitcairn a tout pour nourrir l’imaginaire : falaises abruptes, végétation dense, eau d’un bleu insolent… L’île est volcanique, rugueuse et spectaculaire… « C’est brut de fonderie », dirait mon paternel ! Les chemins montent, descendent, tournent et ne s’adressent donc pas aux personnes éprouvant quelques difficultés à se mouvoir… Le nom de la route qui grimpe depuis Bounty Bay, « The Hill of Difficulty », annonce d’ailleurs la couleur !

Mais Pitcairn n’est pas une île de plage au sens balnéaire du terme. On ne vient pas ici pour s’étaler sur du sable blanc entre deux cocktails. On vient pour l’isolement, les paysages bruts, la sensation physique d’être loin de tout. Et pour être loin de tout, vous l’êtes réellement : à plus de 2.000 km de l’île de Pâques et de Tahiti !

Autour de l’archipel, la nature conserve une valeur exceptionnelle : Henderson Island, inhabitée, est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’organisation la décrit comme un atoll corallien surélevé, isolé, avec peu d’eau douce et situé dans une zone où aucune grande masse terrestre n’existe à moins de 5.000 km !

© Sarah - stock.adobe.com

L’ombre du Bounty et des procès retentissants

Pitcairn est indissociable du Bounty ! En 1790, des mutins du navire britannique HMS Bounty, accompagnés de femmes et d’hommes tahitiens, s’y installent pour échapper à la justice. Et les habitants de l’île sont d’ailleurs des descendants directs de ces marins effrontés ! Il faut bien avouer que l’histoire ne fut pas un long fleuve tranquille : violence coloniale, rapports de domination, pédo-criminalité…

D’ailleurs, l’île fut vraiment révélée au public pour des raisons, avouons-le, franchement écœurantes ! Dans les années 2000, des procès pour incestes et agressions sexuelles sur mineures ont révélé des abus graves et anciens au sein de cette minuscule communauté. En 2004, six hommes ont été reconnus coupables dans le cadre d’un procès très médiatisé, portant sur des faits d’agressions sexuelles.

Y aller, vraiment ?

Pitcairn ne s’adresse pas à tout le monde. Il faut accepter les horaires contraints, l’absence d’infrastructures touristiques classiques et la proximité immédiate avec une petite communauté qui, malgré tous les scandales qui l’ont bousculée, est régulièrement décrite comme « très accueillante ».

Mais il faut le dire franchement : Pitcairn n’est pas “à faire” comme on coche Bruges un dimanche ou Lisbonne au printemps ! C’est un voyage long, coûteux, lent et probablement imprévisible.

Si nous vous les présentons, ce n’est donc pas pour vous « vendre du rêve ». Les îles Pitcairn bousculent nos repères : trop belles pour être ignorées, trop lourdes pour être vendues comme un paradis et trop petites pour devenir une destination de masse.

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