Le mug « I love Lisboa » a du souci à se faire. Près d’un Européen sur deux veut désormais rentrer de congé avec une compétence en poche : poterie, vin, langue locale. Et les Belges ? Ils suivent le mouvement !
Contraction de skill (compétence) et de holiday (vacances), le skilliday désigne un séjour construit autour d’un apprentissage. Pas un cours du soir sous les palmiers, plutôt une semaine à tourner l’argile, à tailler la vigne ou à baragouiner la langue du coin avec les gens du coin.
Le terme a été popularisé cet été par une étude Mastercard menée en février auprès de 27.000 personnes dans 28 pays européens. Verdict : 48 % des voyageurs comptent apprendre quelque chose pendant leurs vacances et 37 % ont déjà réservé un séjour de ce type. Chez les 18-24 ans, on grimpe à 57 % !
Les Belges coincés entre Français et Néerlandais
Selon le volet belge de l’enquête, 43 % des vacanciers belges comptent acquérir une nouvelle compétence cet été. Un peu moins que les Français (45 %), nettement plus que les Néerlandais (38 %). Un tiers des Belges a déjà réservé un séjour axé sur l’apprentissage et 42 % estiment qu’un savoir-faire ramené de voyage vaut mieux qu’un souvenir acheté en boutique. Et 34 % se disent prêts à payer plus cher pour ce genre d’escapade !
Langue, cuisine et vin en haut de l’affiche
À l’échelle européenne, le podium est plutôt gourmand. Les bases de la langue locale arrivent en tête (30 %), devant la cuisine avec des chefs du cru (28 %) et la production de vin, de fromage ou de bière (28 %). Suivent le bien-être, yoga et méditation en tête, puis l’artisanat traditionnel.
Le sabre de samouraï plutôt que la carte postale
Chez GetYourGuide, plateforme de réservation d’activités, les réservations d’ateliers ont bondi de 59 % entre 2024 et 2025 ! Au menu, des bagels à New York ou la forge de sabres de samouraï au Japon. « En 2026, acquérir une compétence, c’est le nouveau bronzage », résume Jean-Gabriel Duveau, vice-président chargé de la marque.
Pourquoi ça séduit autant
Pour Natalia Lechmanova, économiste en chef pour l’Europe au Mastercard Economics Institute, « les touristes d’aujourd’hui recherchent des expériences de voyage qui laissent une empreinte durable, qui les aident à se créer des souvenirs et, de plus en plus, une mémoire musculaire ».
Elle note aussi que les dépenses d’expériences résistent mieux que celles consacrées aux biens matériels. Bonus : ces voyages attirent les touristes « au-delà des hauts lieux bondés, vers les petites villes, les zones rurales et les saisons plus calmes ». De quoi soulager une Europe aux prises avec le surtourisme ? C’est peut-être aller un peu vite en besogne… Mollo l’asticot !