Et non, on ne parle pas qu’italien en Italie ! En effet, tout au nord du pays, une province se démarque avec son accent bien plus germanique. Ici, les conversations se font volontiers en allemand, les villages portent des noms en double — parfois même en triple — et l’on passe sans effort d’une culture à l’autre. Bienvenue dans le Haut-Adige, aussi appelé Tyrol du Sud !
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Un coin d’Italie… aux accents autrichiens
Située à la frontière de l’Autriche et de la Suisse, cette province alpine appartient officiellement à l’Italie, au sein de la région autonome du Trentin-Haut-Adige. Pourtant, à l’oreille comme à l’œil, le visiteur pourrait facilement se croire de l’autre côté du Brenner. La majorité des habitants s’exprime en allemand, souvent dans un dialecte local, le Südtirolerisch, tandis que l’italien est surtout présent dans les villes et au sud du territoire. Une petite minorité parle également le ladin, langue ancienne des vallées dolomitiques.
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Cette cohabitation linguistique façonne toute la vie quotidienne : signalisation bilingue, administrations accessibles dans plusieurs langues, écoles distinctes selon les groupes linguistiques…
Une identité forgée par l’histoire
Si l’allemand est si présent, c’est avant tout une question d’histoire. Pendant des siècles, le Tyrol du Sud a fait partie du monde germanique, au sein du Saint-Empire romain germanique puis de l’Empire des Habsbourg. Ce n’est qu’après la Première Guerre mondiale, en 1919, que la région est rattachée à l’Italie.
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Le XXᵉ siècle a été marqué par des tensions, notamment durant la période fasciste, qui tenta d’imposer l’italien au détriment de la culture locale. Ces épisodes ont laissé des traces, mais aussi conduit, après la Seconde Guerre mondiale, à un statut d’autonomie particulièrement avancé. Aujourd’hui, cette autonomie garantit la protection des langues, des traditions et un équilibre entre les communautés.
Les Dolomites, décor grandiose et signature naturelle
Au-delà de sa singularité culturelle, le Haut-Adige séduit par ses paysages spectaculaires. Entièrement montagneuse, la province est dominée par les Dolomites, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO. Falaises calcaires aux teintes rosées, alpages verdoyants, lacs d’altitude aux eaux turquoise : c’est à couper le souffle !
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L’hiver, la région est bien évidemment un paradis pour les amateurs de ski et les sports de glisse. L’été, place à la randonnée, à l’escalade, au vélo et aux séjours bien-être dans des chalets ou des hôtels de montagne.
Des villes et villages au charme singulier
Le chef-lieu, Bolzano/Bozen, incarne parfaitement ce mélange : architecture tyrolienne, cafés à l’italienne, marchés animés et musées modernes. Plus au nord, Merano/Meran séduit par son élégance thermale, héritée de la Belle Époque, tandis que Bressanone/Brixen ou Brunico/Bruneck offrent une immersion dans un Tyrol authentique, entre clochers, remparts et traditions bien vivantes.
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Une destination à part en Europe
Aujourd’hui, le Haut-Adige est souvent cité comme un modèle de cohabitation culturelle et l’une des régions les plus prospères d’Italie. Pour le voyageur, c’est surtout une destination unique : celle où l’on déguste des canederli et des pâtes, où l’on alterne ciao et guten Tag, et où l’Italie prend soudain des airs d’Europe centrale. A découvrir !
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