Passeport : adieu le tampon ?

03-01-2026
Le tampon sur le passeport, symbole culte du voyage, va disparaître en Europe dès 2026 et sera remplacé par des contrôles 100 % numériques. Et dans le reste du monde ?
passport
© agus-dietrich

Un rectangle d’encre, une date parfois floue, un nom de pays à peine lisible. Pour beaucoup de voyageurs, le tampon sur le passeport est bien plus qu’une formalité administrative : c’est parfois un trophée discret, mais bien plus souvent un souvenir tangible. Pourtant, ce petit rituel est en passe de disparaître.

À partir d’avril 2026, les pays de l’Union européenne ne tamponneront plus les passeports des voyageurs extra-européens. Une décision qui marque la fin d’une tradition séculaire… et le début d’une nouvelle ère pour les contrôles aux frontières !

Une vieille tradition !

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le tampon n’a rien de moderne. Selon l’historien Patrick Bixby, cité par la BBC et relayé sur Geo.fr, ses ancêtres remontent au Moyen Âge, lorsque des sceaux de cire validaient les sauf-conduits délivrés par les souverains européens.

Après la Première Guerre mondiale, la création du passeport moderne par la Société des Nations standardise les passages frontaliers. Mais c’est surtout à partir des années 1950, avec la démocratisation des vols commerciaux, que le tampon devient un symbole affectif. Plus on voyage, plus les pages se remplissent… et plus l’attachement grandit. Une espèce d’album souvenir officiel, que l’on demande poliment à l’administration si on peut le garder…

L’automatisation des frontières change la donne

Les temps changent ! Vous l’aurez certainement remarqué si vous voyagez régulièrement : aujourd’hui, un nombre toujours croissant de pays hors-Europe ne tamponnent plus le passeport…

Pour les voyageurs extra-européens qui décident de visiter le Vieux Continent, ils sont confrontés depuis octobre 2025, à un système d’entrée/sortie (EES) basé sur la biométrie. D’ici avril 2026, les empreintes digitales et la reconnaissance faciale remplaceront définitivement le tampon manuel pour ces voyageurs entrant dans l’espace Schengen.

Objectif affiché : fluidifier les passages, renforcer la sécurité et éviter les erreurs humaines. Résultat concret : plus besoin de tamponner des milliers de passeports chaque jour. Le geste disparaît, l’algorithme prend le relais.

L’Europe n’est pas un cas isolé

Cette transition n’a rien d’exceptionnel. L’Australie, le Japon, la Grande-Bretagne et le Canada utilisent déjà des systèmes de vérification biométrique avancés. Les États-Unis ont, eux aussi, annoncé leur intention de généraliser ces technologies dans les prochaines années. Avec la numérisation des aéroports et l’automatisation des contrôles, la disparition du tampon semble inévitable à l’échelle mondiale. Le passeport devient davantage un support de données qu’un carnet de souvenirs !

Voyageurs pressés vs voyageurs nostalgiques

Du côté des voyageurs, les avis divergent. Les grands habitués des aéroports y voient un gain de temps appréciable. Moins de files, moins d’attente, plus d’efficacité : la technologie biométrique coche toutes les cases. Mais pour d’autres, ne doutons pas un seul instant que la nostalgie domine.