Tendance : le grand retour des vacances… simples ?

Tendance : le grand retour des vacances… simples ?
09-06-2026
Le tourisme familial bouge vite. À Carqueiranne, près de Toulon, dans le Sud de la France, Salah Abbaci, directeur du centre Miléade local, observe ces changements depuis le terrain.
Miléade Carqueiranne
© François Piette

Vos enfants veulent une piscine, vous désirez du calme et le portefeuille, lui, veut surtout qu’on l’oublie… Aujourd’hui, plus que jamais, partir en vacances reste une envie forte, mais la décision ressemble de plus en plus à un petit exercice d’équilibriste !

Vous vous souvenez ? Pendant longtemps, les vacances familiales suivaient un scénario assez stable. On réservait tôt, on revenait au même endroit et on bloquait ses dates. Aujourd’hui, le tableau a clairement évolué ! On vous raconte tout ça autour d’un café avec Salah Abbaci, directeur du centre Miléade de Carqueiranne.

Un budget sous haute tension

Salah Abbaci, directeur d’un centre de vacances, le constate directement. « Aujourd’hui, la clientèle réserve de plus en plus tard », explique-t-il. « Après le Covid, on a déjà remarqué un changement de comportement. Le budget est devenu nettement plus surveillé ! Nous sommes très concurrentiels au niveau des prix, mais on remarque malgré tout que nos clients adoptent d’autres habitudes : une fois le séjour payé, ils ont souvent tendance à rester très mesurés dans les dépenses. La tradition de l’apéro au bar, par exemple, est clairement sur le déclin. »

Et le pouvoir d’achat n’est pas le seul à blâmer : « Il y a également le climat anxiogène drainé par les médias. On parle de flambée du coût de l’énergie et donc, les gens hésitent à prendre leur voiture pour descendre jusque chez nous pour passer leurs vacances. Pourtant, si l’on relativise, le surcoût lié au carburant pour descendre et revenir est souvent limité à quelques dizaines d’euros, sur un séjour qui coûte plusieurs milliers ! Voilà donc pourquoi les clients réservent de plus en plus tard et se décident en dernière minute à faire finalement leurs valises… »

La France, cette valeur sûre ?

Salah fait une autre observation : « Nous avons de nombreux clients qui préfèrent ne pas partir trop loin, soit sur un autre continent, de peur d’être bloqués. En plus, le prix des billets d’avion est lui aussi solidement à la hausse ! Voilà donc pourquoi le Sud aura sans doute une belle carte à jouer cette année. »

« Alléger la charge mentale »

Et le modèle du centre de vacances, a-t-il une carte à jouer dans ce scénario ? Pour Salah, cela ne fait aucun doute : « c’est un modèle qui fonctionne, notamment grâce à la prise en charge des enfants », rapporte Salah. Lors de notre visite, nous avons effectivement rencontré une famille belge qui raffole de ce type de produit qui permet « un allègement de la charge mentale. On sait que les enfants s’amusent et nous aussi ! Cela nous permet de nous retrouver… »

Miléade Carqueiranne
© François Piette

Ajoutons également que ce type de formule offre une lecture plus claire du séjour : on sait où l’on va, ce qui est prévu, ce qui est inclus, ce qui peut être ajouté. Pour une famille, cette lisibilité est précieuse, surtout si le budget est limité !

Un modèle qui doit évoluer intelligemment

Pour Salah Abbaci, l’avenir ne consiste pas à reproduire le modèle d’hier avec un coup de peinture fraîche. « Il faut faire évoluer le modèle intelligemment, raisonner en bon père de famille pour offrir un modèle durable, tout en proposant des activités assez variées », explique-t-il.

« À chaque établissement son label »

Le directeur évoque notamment des pistes autour du sport, du bien-être, du yoga… Ces offres permettent de toucher d’autres publics et d’allonger la période d’activité. Cela permet également de multiplier les centres dans une même zone, sans pour autant créer de cannibalisme de clientèle !

Miléade Carqueiranne
© François Piette

Un modèle durable

Forcément, on ne peut plus faire du tourisme aujourd’hui comme dans les années 90 ! La durabilité et la préservation de l’environnement doivent être de vraies préoccupations, tout comme l’intégration dans le tissu local. À ce sujet, Salah nous précise que Miléade dispose bien entendu d’une centrale d’achat, mais que les « produits frais sont locaux. De plus, le mardi soir, nous proposons une cuisine locale, avec des produits du terroir. »

Et pour l’empreinte carbone ? « Bien sûr, nous essayons de la réduire, en diminuant les protéines animales et en faisant appel à des technologies moins énergivores, comme les pompes à chaleur pour remplacer les chaudières au gaz… L’idée est d’y aller de manière intelligente et non dogmatique. Les clients sont en vacances chez nous, ne l’oublions pas ! On essaye donc de mieux consommer, de trouver un bon équilibre, tout en gardant le confort pour nos clients. »

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