La 48e session du Comité du patrimoine mondial s'est refermée fin juillet à Busan, en Corée du Sud, avec 25 nouvelles inscriptions. Trois pays africains décrochent leur tout premier site et la France en place deux d'un coup. Petit tour du propriétaire !
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Le compteur affiche désormais 1.273 sites répartis dans 173 pays. Sur les 25 nouveaux venus, 19 sont classés comme biens culturels, 5 comme biens naturels et un comme bien mixte. Détail qui a son importance : toutes les décisions d’inscription ont été adoptées par consensus, ce qui n’a rien d’une évidence dans une enceinte internationale !
Trois premières fois
C’est probablement l’info la plus marquante de cette session. Les Comores, São Tomé-et-Príncipe et le Soudan du Sud entrent pour la première fois sur la liste (les deux premiers étant des petits États insulaires en développement). Le président comorien Azali Assoumani a d’ailleurs fait le déplacement jusqu’à Busan pour l’occasion.
Les Comores y placent les médinas de leurs sultanats historiques, six villes anciennes nées de siècles de commerce dans l’océan Indien. São Tomé-et-Príncipe, lui, inscrit six roças, ces anciennes plantations coloniales de café et de cacao qui illustrent un système agro-industriel fondé sur la migration et le travail forcés, de la fin du XIXe siècle au milieu du XXe…
L’Europe se sert bien, et la France double la mise
Pour les Belges en quête d’une escapade patrimoniale, la moisson européenne est plutôt généreuse. La France décroche les plages du Débarquement de Normandie, soit six secteurs répartis sur environ 80 km de littoral : Utah, Omaha, Gold, Juno, Sword et la Pointe du Hoc. Un classement au titre de « site de mémoire », catégorie que l’UNESCO reconnaît depuis 2023. Deuxième prise française : les forteresses royales capétiennes du Languedoc, dont Carcassonne, Montségur et Peyrepertuse.
Ailleurs sur le continent, la Grèce inscrit le mont Olympe, le Danemark ses falaises à fossiles du Limfjord, la Finlande treize bâtiments signés Alvar Aalto, la Pologne le centre moderniste de Gdynia, l’Espagne la Ribeira Sacra galicienne, l’Italie dix théâtres à l’italienne, le Portugal trois forteresses de la Raia. Le village tunisien de Sidi Bou Saïd complète le tableau côté Méditerranée.
6 sites basculent en zone rouge
L’autre versant, moins réjouissant : six sites rejoignent la Liste du patrimoine mondial en péril, dont trois inscrits en urgence : le paysage migratoire de Boma-Badingilo au Soudan du Sud, les châteaux du Mont Amel au Liban et Sebastia en Palestine. S’y ajoutent le centre historique de Paramaribo (Suriname), la cité antique de Chersonèse taurique (Ukraine) et Tyr (Liban). Bonne nouvelle en revanche : le centre historique de Vienne sort de cette liste.
Le Comité a par ailleurs adopté une stratégie décennale pour les petits États insulaires, dotée de 13 millions de dollars. Prochain rendez-vous en 2027, à Istanbul.