À Lima, la très fréquentée plage d’Agua Dulce, située dans le district de Chorrillos, a fermé temporairement ses accès, le temps d’un dimanche, en ce mois de février. En cause : une accumulation massive de déchets laissés chaque week-end par des dizaines de milliers de visiteurs !

En pleine saison estivale, ce kilomètre de sable peut accueillir jusqu’à 70.000 personnes sur deux jours. Résultat ? Près de 20 tonnes de déchets ramassées chaque semaine : bouteilles en plastique, verre, restes alimentaires… et même, récemment, la moitié d’un cochon rôti enfoui sous le sable ! Pour les autorités locales, il fallait marquer le coup.
Pourquoi fermer une plage aussi populaire ?
Pour le maire de Chorrillos, Richard Cortez, l’objectif est double. D’un côté, permettre aux équipes municipales d’achever les opérations de nettoyage. De l’autre, envoyer un message clair aux vacanciers sur la pollution des plages. Selon lui, la situation ne date pas d’hier : « Cela dure depuis des années. Ce n’est pas une situation propre à un été. Le meilleur message à adresser à nos visiteurs, c’est la fermeture de la plage. Nous ne devons pas en arriver à une fermeture totale. »
Un phénomène isolé ? Pas vraiment
La fermeture d’Agua Dulce peut sembler spectaculaire. Pourtant, le phénomène dépasse largement les frontières du Pérou ! Ces dernières années, plusieurs destinations touristiques ont dû restreindre l’accès à certains sites naturels pour limiter les dégâts liés au tourisme de masse. Plages saturées en Méditerranée, criques protégées en Thaïlande, îles fermées pour régénération écologique… La liste s’allonge.
Le schéma est souvent le même, avec un cocktail reprenant un afflux massif de visiteurs concentré sur quelques semaines, des infrastructures de gestion des déchets sous pression, une dégradation accélérée des écosystèmes… Ce qui finit par donner une réaction tardive mais spectaculaire des autorités !
Le tourisme responsable, un slogan ou une vraie solution ?
Derrière cette fermeture se cache une question plus large : comment concilier accès populaire et tourisme responsable ? Le problème n’est pas la fréquentation en soi. Les plages urbaines jouent un rôle social essentiel, surtout dans des métropoles densément peuplées. Elles offrent un espace de respiration, parfois gratuit, à des milliers de familles. Evidemment, c’est une toute autre affaire que les infrastructures ne suivent pas et surtout, que les comportements individuels ne changent pas…
Fermer temporairement une plage peut créer un électrochoc. Encore faut-il que cela s’accompagne de mesures concrètes : campagnes éducatives, sanctions en cas d’abandon de déchets, multiplication des points de tri… Sans cela, la réouverture risque de ressembler à une simple parenthèse !