Sur les présentoirs des gares de Liège, Namur ou Bruxelles, un même geste se répète chaque printemps. Un voyageur attrape un dépliant. Une carte du Tour des Hautes Fagnes, un programme des Thermes de Spa, une brochure sur les grottes de Han. Le papier reste, dans le tourisme wallon, un point de contact essentiel. Ni les réseaux sociaux ni les newsletters n’ont effacé ce réflexe. Les offices du tourisme et les hébergeurs locaux le savent, et ils en profitent.
© david-emrich
Le réflexe du flyer dans les destinations vertes
Les Ardennes vivent d’un tourisme de séjour court. Un couple bruxellois qui descend à Bouillon pour un week-end, une famille flamande à Durbuy pour les vacances de Pâques, un groupe de randonneurs néerlandais à Vielsalm. Ces visiteurs arrivent souvent sans plan détaillé. Ils piochent leurs idées dans la maison du tourisme du village, parfois directement à la réception du gîte. Un flyer bien conçu y joue un rôle que le smartphone n’arrive pas à remplir. Il survit au manque de réseau, il se glisse dans la poche, il finit sur la table du salon à Anvers et déclenche le retour l’année suivante.
Les villes d’eau jouent une autre partition
Spa, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis juillet 2021 comme l’une des onze Grandes villes d’eaux d’Europe, accueille une clientèle différente. Plus âgée parfois, plus internationale aussi. Les hôtels du centre, les cures thermales, les boutiques de bouquinistes distribuent leurs brochures dans un circuit court entre établissements partenaires. Chaudfontaine, avec son centre thermal sur les bords de la Vesdre, suit la même logique. Le flyer y devient un objet de prestige, papier épais, photographie soignée, typographie sobre. C’est aussi un outil de cross-selling. Le restaurant gastronomique glisse sa carte chez le concierge de l’hôtel voisin. La librairie ancienne dépose ses programmes culturels à l’office du tourisme.
Imprimer sans intermédiaire complique moins la vie
La plupart de ces structures n’ont pas de graphiste interne. Une maison du tourisme communale, un gîte rural de quatre chambres, une boutique de produits du terroir à Stavelot fonctionnent souvent avec une seule personne polyvalente. C’est là qu’un service en ligne pour imprimer des flyers change la donne. On charge son visuel, on choisit le grammage, on reçoit la livraison à l’adresse du gîte ou du bureau communal. Helloprint, certifiée B Corp et active dans trente-deux pays, fait partie des plateformes qui permettent ce type de commande sans devis ni rendez-vous.
Le papier comme prolongement du paysage
Une carte postale envoyée depuis Bouillon, un dépliant ramené de Han-sur-Lesse, un programme du Festival de Stavelot ou de la saison culturelle de Durbuy. Ces objets prolongent l’expérience au-delà du séjour. Ils traînent dans les bureaux, se montrent aux amis, finissent parfois épinglés dans une cuisine bruxelloise ou sur un frigo gantois. Pour les acteurs touristiques wallons, ce n’est pas de la nostalgie. C’est un canal modeste mais bien robuste qui fonctionne.