Septembre et octobre deviennent-ils les nouveaux juillet-août des voyageurs premium ?

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Septembre et octobre deviennent-ils les nouveaux juillet-août des voyageurs premium ?

François Piette
François Piette

La compagnie canadienne s’attend à réaliser « les plus forts mois de septembre et octobre, du point de vue des revenus, que l’entreprise ait jamais connus ». La déclaration vient de Mark Galardo, directeur commercial du groupe et elle s’accompagne de décisions opérationnelles concrètes. Air Canada ajoute des vols vers des destinations balnéaires européennes, notamment la Sicile et Majorque. Elle a aussi réorganisé son calendrier de maintenance, en avançant certaines opérations pendant l’été pour libérer davantage d’appareils en septembre.

Le glissement, « c’est vraiment une histoire de premium »

Le point le plus intéressant est de savoir qui décale ses vacances. Selon Galardo, « nous avons observé une croissance formidable de la demande de personnes voyageant en classe affaires vers l’Italie, l’Espagne, la France, la Méditerranée en général et le Japon ». Et il le résume sans détour : le basculement vers l’automne « est vraiment une histoire de premium ».

Les voyageurs au budget serré, eux, n’ont pas modifié leurs habitudes. Logique : décaler ses vacances suppose de la souplesse sur les congés et beaucoup restent prisonniers du calendrier scolaire. La flexibilité est devenue un produit de luxe ! Le phénomène a démarré il y a deux à trois ans et s’est nettement accéléré. Il commence même à mordre légèrement sur le mois de novembre, tandis que la demande d’affaires progresse elle aussi à l’automne.

La cause est climatique, pas économique

Ce ne sont pas les prix qui poussent au décalage, mais le thermomètre. Les analystes du secteur pointent une combinaison devenue difficile à ignorer sur le pourtour méditerranéen : chaleur record, sécheresses, feux de forêt… Autrement dit, ce que le secteur appelle la « coolcation » ne consiste pas seulement à changer de destination, mais aussi à changer de date.

Ce n’est pas un cas isolé

Air Canada n’est pas seule à faire ce constat. Delta Air Lines et United Airlines rapportent une hausse comparable de la demande automnale sur leurs liaisons vers l’Europe. Le signal converge avec ce que dit l’industrie du voyage depuis cet été. Le patron de TUI, Sebastian Ebel, estimait récemment que l’Espagne et l’Italie touchaient leurs limites de capacité en juillet-août, avec des tarifs élevés et des disponibilités quasi nulles pour les réservations tardives. Quand l’été sature et cuit, l’automne semble devenir l’option raisonnable !

Ce que ça change pour vos prochaines vacances

Trois conséquences concrètes se dessinent. D’abord, l’écart de prix traditionnel entre haute et basse saison pourrait bien se resserrer : septembre n’est plus forcément une saison creuse.

Ensuite, l’offre de vols vers la Méditerranée en septembre et octobre  va s’étoffer, ce qui facilitera les départs hors vacances scolaires.

Enfin, le réflexe « je réserve tard, ce sera moins cher » perd du terrain sur l’arrière-saison aussi. Si vous visiez la Sicile en octobre pour éviter la foule et la chaleur, l’idée n’a plus rien d’original et les tarifs commencent à le refléter.

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