L’objectif européen était clair : verdir le kérosène. Mais pour le secteur aéronautique, la tâche reste ardue…
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En cette fin janvier, à Paris, la principale association du secteur a estimé que les ambitions de l’Union européenne sur les carburants durables étaient, pour rester poli, très optimistes. Selon IATA (Association du transport aérien international), la production de SAF (sustainable aviation fuels, soit les carburants durables) ne suit pas. Son directeur général, Willie Walsh, n’a pas mâché ses mots : « Nous ne voyons pas de progrès dans la production de SAF », a-t-il déclaré, jugeant l’objectif de 2035 « hors d’atteinte ».
20 % de SAF en 2035 : une marche trop haute ?
Le règlement RefuelEU impose 20 % de carburants non fossiles dans les réservoirs d’ici 2035, contre environ 2 % aujourd’hui. Un sacré défi, manifestement impossible pour l’industrie ! Les compagnies aériennes pointent un problème simple : l’offre. Les unités de production de SAF restent rares, coûteuses et incapables de répondre à la demande future. Résultat : même les acteurs les plus volontaires peinent à sécuriser des volumes suffisants.
Un secteur sous pression climatique
L’enjeu est loin d’être anecdotique. Le transport aérien représente environ 2 à 3 % des émissions mondiales de CO₂, un chiffre modeste en apparence, mais en forte croissance hors crises. À l’échelle individuelle, un passager peut émettre plus de 250 g de CO₂ par kilomètre, selon la distance et le taux de remplissage.
Entre ambition politique et réalité industrielle
Pour l’Union européenne, maintenir la pression réglementaire est essentiel pour accélérer la transition. Pour les compagnies, le risque est surtout économique : pénurie de carburant, hausse des coûts et billets plus chers risquent fort d’être au programme…