Tout au Nord de la Belgique, on retrouve une petite commune qui s’appelle Baerle-Duc. Sa particularité ? On y change de pays en traversant une rue. Parfois même en passant du salon à la cuisine !
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Baerle-Duc, ou Baarle-Hertog en néerlandais, n’est pas une commune comme les autres… Posée en province d’Anvers, tout près de la frontière néerlandaise, son histoire remonte à la fin du XIIe siècle. En 1198, nous sommes en plein conflit territorial entre Henri Ier, duc de Brabant, et Godfried II van Schoten, seigneur de Breda. L’accord féodal qui est alors conclu a tout d’un compromis à la belge avant la lettre : certaines terres restent rattachées au duc, tandis que d’autres passent sous l’influence de Breda. Ce découpage médiéval, forcément remodelé au fil des siècles, est à l’origine de l’étonnante commune de Baerle-Duc.
Aujourd’hui, la commune de Baerle-Duc forme un ensemble d’enclaves belges entourées par la commune néerlandaise de Baarle-Nassau. Et comme si cela ne suffisait pas, certaines enclaves belges contiennent elles-mêmes de petites enclaves néerlandaises ! Bref, c’est un millefeuille administratif. Prenez une aspirine, c’est parti ! Au total, on compte 22 enclaves belges aux Pays-Bas pour Baerle-Duc et 8 enclaves néerlandaises en Belgique liées à Baarle-Nassau, dont… plusieurs sont enfermées dans les enclaves belges ! Vous suivez toujours ?
Ce qui rend Baerle-Duc si atypique
Ici, la frontière belgo-néerlandaise ne suit pas une route ou une rivière : elle est infiniment plus complexe ! Elle traverse des rues, des jardins, des commerces et parfois des maisons ! Dans le centre, elle est matérialisée au sol par des lignes, des clous et des marquages. Un pas à gauche : la Belgique. Un pas à droite : les Pays-Bas…
L’une des règles les plus amusantes concerne les habitations : l’adresse officielle dépend du pays dans lequel se trouve la porte d’entrée. A noter toutefois qu’il existe bien une maison où la frontière coupe une porte d’entrée ! Dans ce cas, la maison possède à la fois un numéro belge et un numéro néerlandais !
Cette bizarrerie influence forcément la vie quotidienne : services communaux, police, fiscalité, règlements, signalisation… Deux pays cohabitent dans un même village, avec une coopération forcément obligatoires… Les habitants, eux, ont appris à vivre avec cette singularité : pour eux, traverser la frontière plusieurs fois en allant chercher du pain n’a rien d’extraordinaire. Pour les visiteurs, c’est évidemment plus croustillant !
Que visiter à Baerle-Duc ?
- La promenade des enclaves : un parcours d’environ 4 km permet de traverser plusieurs fois la frontière et de comprendre, sur le terrain, l’étrange découpage du village. Les numéros de maison indiquent souvent si l’on se trouve côté belge ou côté néerlandais !
- Les lignes frontalières au sol : dans le centre, elles serpentent entre les terrasses, les vitrines et les trottoirs.
- La maison à deux numéros de Loveren : probablement l’un des lieux les plus photographiés de Baerle-Duc. La frontière passe par la façade, ce qui donne à cette adresse un charme administratif assez unique en son genre !
- Le centre de Baarle-Hertog/Baarle-Nassau : cafés, commerces et petites rues permettent de sentir l’ambiance très particulière de cette commune à la double nationalité. On y vient pour la frontière, mais on y reste aussi pour l’atmosphère !
- Les parcours liés à l’histoire locale : plusieurs itinéraires rappellent aussi les épisodes de guerre, de résistance et de vie frontalière. La commune ne se limite donc pas à son côté insolite : elle possède une vraie mémoire !