Les archéologues ont dégagé, sous les décombres d'une porte monumentale, un groupe sculpté vieux de 1.800 ans représentant Asclépios et son fils. On vous explique !
2,20 mètres de marbre sous une porte effondrée
La trouvaille vient d’Aspendos, dans la province d’Antalya, sur la côte sud de la Turquie. Le groupe sculpté en marbre mesure 2,20 mètres de haut et date du dernier quart du IIe siècle de notre ère (environ 1.800 ans). Il gisait parmi les décombres d’une porte monumentale !
Le père, l’enfant et le serpent
La figure principale est Asclépios, dieu grec de la médecine : un homme mûr, barbu, aux cheveux longs et épais, le poids sur la jambe gauche, le torse en grande partie nu, un himation (soit un grand manteau) drapé sur l’épaule gauche et retombant en plis serrés. Il tenait le fameux bâton entouré d’un serpent, l’ancêtre direct du symbole des pharmacies. Le bras droit, lui, a disparu.
À ses pieds se tient une petite figure d’enfant : Télesphore, son fils, divinité de la convalescence. Sa tête n’a pas été conservée. Les deux réunis forment un message limpide, comme le résument les archéologues : « Le groupe statuaire représente le processus de guérison dans son ensemble, du traitement de la maladie au rétablissement complet. » Le ministre de la Culture et du Tourisme Mehmet Nuri Ersoy a salué, non sans lyrisme, « le retour de la guérison à la lumière » !
Le détail qui change l’interprétation
On aurait pu s’attendre à trouver Asclépios dans un sanctuaire de guérison isolé, un asclépiéion, à l’écart de l’agitation. Ici, il trônait sur une artère très fréquentée de l’époque romaine, reliant le théâtre à l’agora, au milieu des bâtiments publics ! Autrement dit : le culte de la santé n’était pas cantonné aux lieux sacrés, il faisait partie du décor quotidien de la ville. On croisait le dieu de la médecine en allant au spectacle ou au marché, comme aujourd’hui on passe devant une croix verte, finalement !
Aspendos, ce n’est plus seulement un théâtre
Aspendos, pour les érudits, évoque souvent un théâtre romain de 155 apr. J.-C., l’un des mieux conservés au monde, encore utilisé pour des concerts. Le site a pourtant livré ces dernières années un ensemble de statues de Hermès, Zeus, Aphrodite, Éros, Artémis et Némésis. Pour Tolga Candur, chef adjoint des fouilles, il s’agit d’un tournant : la cité ne sera plus « définie uniquement par son théâtre, mais par un paysage urbain plus large et plus complet ». Les équipes dégagent notamment une place publique bordée de colonnes encore debout, que les visiteurs pourront parcourir.
Une ville de 3 000 ans
Aspendos aurait été fondée vers 1000 av. J.-C. par des colons grecs venus d’Argos. Devenue un centre commercial majeur de Pamphylie dès le Ve siècle av. J.-C., elle figure depuis 2015 sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO. Le site se visite à une quarantaine de kilomètres d’Antalya !