Sous un chantier ferroviaire du Yucatán, au Mexique, dormait un village maya vieux de plusieurs siècles ! Et manifestement, ce village a plein de choses à raconter !
Un chantier qui cache 2.000 ans d’histoire
Il faut croire qu’au Yucatán, il suffit de creuser quelques mètres pour tomber sur des trésors archéologiques ! C’est en tout cas ce que laissent penser les travaux du Tren Maya de Carga, la branche destinée au transport de marchandises… À proximité de la Terminal Multimodale de Progreso, sur la côte nord de la péninsule mexicaine, des archéologues ont identifié un établissement maya jusqu’alors inconnu. Baptisé K’oxol Ja’ II, le site avait été repéré dès la mi-2025 dans le cadre des opérations de sauvetage archéologique précédant les travaux. Pourquoi dès lors, vous en parler avec autant de retard ? Tout simplement parce que l’Institut national d’anthropologie et d’histoire du Mexique (INAH) vient de présenter les résultats !
Premier enseignement : le village doit son nom aux mots mayas k’oxol, « moustique », et ja’, « eau ». Autrement dit : « l’eau des moustiques ».
21 structures et un cénote au centre
K’oxol Ja’ II couvre environ 2.257 m² et comprend 21 structures, ainsi que plusieurs éléments naturels. Les vestiges indiquent avant tout une fonction résidentielle et non celle d’un grand centre politique ou cérémoniel. Les analyses de céramiques situent son occupation entre environ 400 avant notre ère et 900 de notre ère, soit une période particulièrement longue de l’histoire maya !
Au centre du site se trouve un cénote, dont l’ouverture avait été aménagée avec des pierres. Pour les chercheurs, ce détail suggère que les habitants contrôlaient et organisaient soigneusement leur accès à l’eau, ressource évidemment essentielle dans la région ! D’autres points d’eau, permanents ou saisonniers, semblent également avoir influencé la disposition du village.
Les Mayas loin des palais
C’est précisément ce caractère ordinaire qui rend le site passionnant ! Les grandes cités mayas ont laissé temples, palais, sculptures et inscriptions racontant surtout l’histoire des élites. K’oxol Ja’ II raconte plutôt celle des familles, de leurs maisons et de leur quotidien.
La faible quantité de céramiques retrouvée pourrait indiquer que de nombreux objets étaient fabriqués dans des matières périssables aujourd’hui disparues. Aucun enterrement humain n’a par ailleurs été identifié sur le site ! Selon les archéologues, la proximité du substrat rocheux et la faible profondeur du sol pourraient expliquer cette absence inhabituelle.
Les chercheurs estiment que la communauté possédait probablement une importance intermédiaire et pourrait avoir dépendu d’un centre régional plus important, possiblement le site voisin d’El Chiik.
Le site restera là où il est
Bonne nouvelle pour le patrimoine : les structures ne seront pas déplacées. L’INAH et les responsables du projet ferroviaire ont défini un périmètre de protection permettant de préserver K’oxol Ja’ II in situ. Les vestiges ont été nettoyés, stabilisés et protégés afin de permettre de futures recherches.
Le chantier du Tren Maya reste toutefois controversé pour ses conséquences environnementales et patrimoniales. Mais ses fouilles préventives produisent aussi une quantité considérable de données archéologiques !