On les disait parmi les plus pures du continent. Pourtant, des milliers de kilomètres de rivières balkaniques ont été dégradés en une décennie…
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En cause : la prolifération de barrages, de petites centrales hydroélectriques et l’extraction de sédiments à grande échelle. Selon une étude récente menée par Riverwatch et EuroNatur, ces cours d’eau, surnommés le cœur bleu de l’Europe, sont en net recul.
Des rivières presque naturelles… de moins en moins
L’étude a analysé plus de 83.000 km de rivières dans les Balkans. En 2012, 30 % d’entre elles étaient encore considérées comme « presque naturelles ». En 2025, elles ne représentent plus que 23 %. Résultat : 2.450 km de rivières intactes ont disparu. Une perte loin d’être symbolique pour la biodiversité, mais aussi pour le tourisme durable, très dépendant de paysages préservés.
Hydroélectricité : énergie verte, impacts gris
La région compte environ 1.800 centrales hydroélectriques existantes et plus de 3 000 projets dans les cartons. Subventionnées et attractives pour les investisseurs, ces installations fournissent une énergie renouvelable… mais fragmentent les écosystèmes et modifient durablement les paysages !
Albanie et Bosnie-Herzégovine en première ligne
La situation est particulièrement critique en Albanie et en Bosnie-Herzégovine. En Albanie, la part de rivières quasi naturelles est passée de 68 % à 40 % en treize ans. Une exception notable : la Vjosa, désormais classée parc national, ce qui a permis de bloquer près de 40 barrages.