En raison de la guerre en Iran, vous ne parvenez pas à quitter votre destination de vacances. Que devient votre contrat de travail ? Et pouvez-vous bénéficier d’allocations de chômage pour les jours durant lesquels vous ne pouvez pas vous rendre au travail ?
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Informer l’employeur
Si, à cause de la guerre, vous ne pouvez pas rentrer chez vous depuis votre lieu de vacances (par exemple, parce qu’il n’y a plus de vols disponibles ou parce que vous êtes bloqué à bord d’un bateau de croisière), il est avant tout essentiel d’en informer votre employeur le plus rapidement possible. Dans le cas contraire, votre employeur pourrait considérer votre absence comme injustifiée. Cela pourrait entraîner des conséquences désagréables, voire des sanctions disciplinaires, selon les règles internes de l’entreprise et la législation applicable. Il est donc recommandé de communiquer clairement votre situation, idéalement par écrit, et de fournir toute preuve disponible démontrant que vous êtes effectivement dans l’impossibilité de rentrer !
Force majeure
Vous pouvez également invoquer un cas de force majeure. Il s’agit d’un événement soudain, imprévisible et indépendant de la volonté des parties, qui rend temporairement et totalement impossible l’exécution du contrat de travail. Une situation de guerre entre clairement dans cette définition, pour autant qu’elle empêche concrètement votre retour ou l’exercice de votre travail !
En présence d’un cas de force majeure de ce type, le contrat de travail est suspendu. Cela signifie que, pendant la période où la force majeure s’applique, vous n’êtes pas tenu de fournir des prestations de travail. De son côté, votre employeur n’est pas tenu non plus de vous verser une rémunération pour ces jours. Cette suspension est donc neutre dans le sens où aucune des deux parties ne doit exécuter ses obligations principales pendant cette période exceptionnelle.
Allocations de chômage
Si vous êtes bloqué dans un autre pays que l’Iran (par exemple à Dubaï ou en Israël) en raison du conflit, vous pouvez, en principe, demander le chômage temporaire pour cause de force majeure. Cette possibilité existe tant si vous vous trouvez à l’étranger pour des raisons privées (comme des vacances) que pour des raisons professionnelles.
En revanche, si vous êtes bloqué en Iran, vous ne pourrez pas bénéficier de ce régime. En effet, un avis de voyage négatif était déjà en vigueur pour ce pays depuis un certain temps. Par conséquent, les autorités considèrent que le risque était connu au moment du départ.
De plus, les travailleurs qui, après le 28 février 2026, ont pris un vol (même si celui-ci avait été réservé auparavant) vers une région où le conflit était en cours, ne peuvent pas non plus prétendre au chômage temporaire pour force majeure. La raison est simple : ils étaient censés être informés de la situation au moment de leur départ et ont donc, en quelque sorte, accepté ce risque.
Autres pistes de solution
Il existe néanmoins d’autres options à envisager. Vous pouvez, par exemple, convenir avec votre employeur de prendre des jours de congé supplémentaires pour couvrir la période durant laquelle vous ne pouvez pas travailler. Une autre possibilité consiste à récupérer des heures supplémentaires que vous auriez prestées auparavant. Cela peut permettre de régulariser votre absence sans impact financier direct.
Vous pouvez également envisager le télétravail depuis votre lieu de séjour, pour autant que votre fonction s’y prête et que les conditions techniques (connexion internet, matériel, décalage horaire) le permettent. Cette solution nécessite bien entendu l’accord préalable de votre employeur.
Enfin, une autre piste consiste à recourir au congé pour raisons impérieuses. Ce type de congé permet de s’absenter du travail pour faire face à des situations imprévues et urgentes, même si celui-ci n’est en principe pas rémunéré.
Jan ROODHOOFT, avocat (www.advocatenroodhooft.be)