À Rome, admirer la fontaine de Trevi aura bientôt un prix pour les touristes !
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À partir du 7 janvier, les touristes devront payer 2 euros pour accéder à la fontaine de Trevi, l’un des monuments les plus photographiés au monde. Les Romains, eux, continueront d’y accéder gratuitement. Une distinction assumée par la mairie, qui espère ainsi réguler les flux tout en remplissant les caisses… Selon le Corriere della Sera, cette mesure pourrait rapporter près de 20 millions d’euros par an à la Ville éternelle. De quoi financer entretien, sécurité et gestion d’un site soumis à une pression touristique permanente !
Depuis environ un an déjà, l’accès à la zone était limité à 400 personnes maximum. À partir de janvier, deux files d’attente distinctes verront le jour : l’une pour les habitants de Rome, l’autre pour les visiteurs. Le paiement se fera par carte bancaire, histoire d’éviter les files supplémentaires pour faire de la monnaie.
Réguler sans dénaturer
L’objectif affiché n’est pas de transformer Trevi en musée à billets, mais de préserver un monument fragile. La fontaine attire des milliers de visiteurs chaque jour, souvent au même moment, au même endroit, smartphone à bout de bras. Résultat : saturation, dégradations, incivilités.
Rome n’est d’ailleurs pas la seule à tenter ce type de régulation. Venise, Florence ou encore Barcelone expérimentent aussi des solutions pour concilier tourisme de masse et patrimoine vivant.
La fontaine de Trevi, un monument à remonter le temps
Derrière cette actualité se cache une histoire longue de plus de deux mille ans. La fontaine de Trevi est la plus grande fontaine de Rome et l’une des dernières grandes expressions du baroque romain.
Construite entre 1732 et 1762, elle est adossée au palazzo Poli, sur la Piazza di Trevi. Elle célèbre l’arrivée de l’aqueduc de l’Aqua Virgo, édifié en 19 av. J.-C. par Marcus Vipsanius Agrippa. Un exploit hydraulique antique toujours en fonctionnement aujourd’hui !
Le projet est lancé par le pape Clément XII, qui souhaite une fontaine monumentale pour marquer l’aboutissement de l’aqueduc. C’est l’architecte Nicola Salvi qui remporte le concours. À sa mort en 1751, Giovanni Paolo Panini reprend le chantier et achève l’ouvrage, inauguré le 22 mai 1762.
Un décor spectaculaire et très symbolique
La composition est dominée par la statue d’Oceanus, sculptée par Pietro Bracci, trônant dans une grande niche centrale. Il guide un char en forme de coquillage, tiré par deux chevaux marins, l’un calme, l’autre fougueux. Une métaphore assez claire des humeurs de la mer… Autour, statues allégoriques, bas-reliefs et colonnes corinthiennes célèbrent l’abondance, la prospérité et les bienfaits d’une eau pure.
Pièces, superstition et millions d’euros
Impossible d’évoquer Trevi sans parler de sa tradition la plus célèbre : jeter une pièce par-dessus l’épaule droite pour s’assurer de revenir à Rome. Chaque année, près d’un million d’euros sont ainsi récupérés dans le bassin ! Aujourd’hui, ces pièces sont collectées quotidiennement par les autorités et reversées à l’association caritative Caritas.