Le nouveau système d’entrée-sortie de l’UE promettait des frontières plus modernes. Pour l’instant, tout ne se passe pas exactement comme prévu…
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Dans une lettre publiée par le Financial Times, Ourania Georgoutsakou, directrice générale d’Airlines for Europe à Bruxelles, critique la lecture de la Commission européenne sur les retards observés aux frontières… Selon elle, expliquer les longues files par des problèmes déjà connus (manque de personnel, pics horaires, concentration des vols) revient à oublier un l’EES…
L’EES, c’est quoi ?
L’EES, c’est l’Entry/Exit System ou EES, le nouveau système européen qui remplace progressivement les tampons dans les passeports par un enregistrement numérique. La Commission européenne explique que le dispositif concerne les ressortissants non européens effectuant un court séjour dans l’espace Schengen. Il enregistre notamment les données du document de voyage, la date et le lieu d’entrée ou de sortie, ainsi que des données biométriques : photo du visage et empreintes digitales.
Un système devenu pleinement opérationnel
L’EES a commencé à être déployé le 12 octobre 2025 et devait être pleinement opérationnel le 10 avril 2026, selon la communication officielle de la Commission. L’objectif est de mieux suivre les entrées et sorties, repérer les dépassements de séjour et lutter contre la fraude à l’identité. Voilà pour la théorie…
En pratique, le premier enregistrement prend du temps. La lettre citée par le Financial Times affirme que les contrôles EES peuvent durer jusqu’à 4 fois plus longtemps qu’un contrôle classique, même lorsque tout fonctionne.
Bruxelles Airport connaît déjà le problème
En Belgique, Brussels Airport avait déjà tiré la sonnette d’alarme. Dans un communiqué publié le 30 mars 2026, l’aéroport évoquait des temps d’attente allant jusqu’à deux heures au départ et jusqu’à trois heures et demie à l’arrivée pour les passagers non européens. En quatre jours, près de 600 passagers avaient manqué leur vol, malgré une application encore partielle du système.
La plateforme de Zaventem demande donc davantage de flexibilité, mais aussi un effectif suffisant de la police fédérale aux postes frontières. Brussels Airport rappelle que les citoyens belges et européens ne sont pas concernés, contrairement aux voyageurs non européens entrant ou quittant Schengen via Bruxelles.
Un été sous surveillance
Le malaise dépasse largement la Belgique. À Rome, le patron des aéroports de Fiumicino et Ciampino a même averti qu’il faudrait suspendre temporairement les contrôles EES pour éviter un “désastre” estival, selon The Guardian ! Des aéroports et compagnies redoutent des files de plusieurs heures, au pire moment de l’année !