À Wieliczka, on ne visite pas une mine. On descend dans un monde parallèle, sculpté au sel, aux légendes et au culte discret de l’étrange !
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À 14 kilomètres à peine de Cracovie, Wieliczka est une paisible ville polonaise de 28.000 habitants. Rien, en surface, ne laisse deviner qu’un véritable empire souterrain se cache sous les pieds ! Pourtant, depuis le XIIIᵉ siècle, la ville exploite un gisement de sel gemme qui s’étend sur neuf niveaux et qui compte près de 300 kilomètres de galeries !
Ces mines de sel de Wieliczka ne sont pas seulement les plus anciennes d’Europe encore en activité, elles sont surtout devenues un lieu culturel à part entière ! On vous les fait découvrir ?
Une mine devenue centre culturel à 125 mètres sous terre
Descendre à Wieliczka, c’est pénétrer dans une ville parallèle. A 125 mètres, un centre de conférences de plus de mille places accueille concerts, spectacles et même des compétitions sportives ! A 135 mètres de profondeur, un musée raconte l’histoire du sel, des mineurs et de leurs croyances. A plus de 200 mètres de profondeur, on y voit un sanatorium. L’air salin, naturellement purifié, est réputé pour ses bienfaits sur les voies respiratoires. On soigne donc ses poumons… dans une mine !
Sculptures de sel
Dès les premières galeries, le ton est donné. Des sculptures taillées directement dans le sel accueillent les visiteurs. Mineurs, scènes historiques, figures religieuses et créatures fantastiques jalonnent le parcours. Ces œuvres racontent autant l’histoire de la mine que celle des hommes qui y ont travaillé.
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La légende de la bague et des lutins
Impossible de parler de Wieliczka sans évoquer la légende de Sainte Kinga. Princesse hongroise promise au prince polonais Boleslas, elle aurait reçu une mine de sel en dot de son père, le roi Béla. Avant de quitter la Hongrie, elle jette sa bague de fiançailles dans un puits. Des années plus tard, près de Wieliczka, un bloc de sel est extrait… avec la bague intacte à l’intérieur. Le message est clair : le sel est un cadeau divin.
Une autre tradition veut que des lutins souterrains protègent les mineurs des inondations et des éboulements. On les retrouve, figés dans le sel, un peu partout dans les galeries. À défaut de preuves scientifiques, ils offrent au moins une excellente excuse à l’étrangeté du lieu.
Une église de sel absolument unique
Le clou du spectacle se trouve à une centaine de mètres sous terre : la chapelle Sainte-Kinga. Une église entièrement creusée dans le sel. Sol, murs, statues, bas-reliefs, autel, lustres… tout est salin. Cette chapelle à elle seule justifie l’inscription de la mine au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1978.
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Un lieu visité par les puissants…
La mine a vu défiler des figures majeures, de Jean-Paul II à George H. W. Bush, en passant par Javier Solana. Mais elle reste surtout un lieu profondément ancré dans la vie polonaise. Lors des JMJ de 2016, la plaine voisine de Brzegi a accueilli près de trois millions de pèlerins !