Quand on pense Carnaval de Rio, on imagine immédiatement la samba, les plumes et la chaleur. Pourtant, à l’origine, l’inspiration venait de… Paris !
© ryan-wallace
Au XIXe siècle, l’élite de Rio de Janeiro regarde avec admiration le Carnaval de Paris. Défilés ordonnés, bals masqués élégants, costumes codifiés : tout cela paraît bien plus “civilisé” que l’entrudo, une tradition populaire portugaise jugée trop brute. Résultat : les bals masqués sortent dans les rues, les costumes se francisent et les pierrots côtoient les zouaves sous le soleil tropical.
Ironie de l’histoire : ce modèle importé finira par être complètement transformé, métissé, réapproprié. Ce que Rio rejetait au départ, à savoir une certaine idée du désordre, deviendra son ADN culturel.
Le roi du carnaval reçoit vraiment les clés de la ville
Chaque année, un personnage prend officiellement le pouvoir pendant le carnaval : le Rei Momo. Ce n’est pas une métaphore : le « bourgmestre » lui remet symboliquement les clés de la ville !.
Le Rei Momo choisit sa reine, gouverne la fête, lance les réjouissances. Pendant quelques jours, la ville accepte joyeusement cette inversion des rôles. En clair, le carnaval est aussi une soupape sociale, un moment où les règles se plient, sans jamais disparaître complètement. Derrière l’exubérance, tout est ritualisé. Même le chaos est organisé !
La samba est arrivée vraiment tard
Surprenant mais vrai : lors du premier bal du carnaval de Rio en 1840, on dansait la valse et la polka, pas la samba. Cette dernière n’apparaît officiellement qu’en 1917 ! Avant cela, les cordões, petits groupes musicaux de rue, commencent à structurer ce qui deviendra plus tard les écoles de samba. La première musique écrite spécifiquement pour le carnaval, Ô Abre Alas, date de 1899 , soit près de 60 ans plus tard !
© thales-botelho-de-sousa
Les défilés sont jugés comme une compétition sportive
Derrière les plumes et les paillettes, le carnaval est une affaire de règlement strict. Chaque école de samba est évaluée selon des critères précis : harmonie, costumes, musique, évolution sur la piste, batterie, porte-drapeau… Tout est chronométré. Une école dispose de 65 à 82 minutes pour parcourir le sambodrome. Un chapeau qui tombe, un chanteur mal suivi, une aile désorganisée : chaque détail peut coûter des points !
Le verdict tombe le mercredi des Cendres. Les meilleures montent, les moins bonnes descendent. Et la championne devient une référence nationale, bien entendu !
Le carnaval commence bien avant… et finit bien après
Officiellement, le carnaval dure quelques jours. En réalité, il commence des semaines à l’avance avec les blocos, ces défilés de quartier organisés par les habitants eux-mêmes. Certains attirent des centaines de milliers de personnes !
Et après la compétition ? Les six meilleures écoles du groupe spécial défilent à nouveau lors du Défilé des Champions, le samedi suivant. À Rio, le carnaval n’est pas une parenthèse, c’est carrément une saison !