Ne sortez pas. Il pleut. Et de toute façon, la tendance voyage vous ordonne de rester sous la couette sans la moindre honte…
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Avez-vous déjà ressenti ce petit pincement au cœur, ce mélange de culpabilité et de paresse, lorsque vous décidez d’ignorer le soleil (ou la grisaille) pour vous enfouir sous les draps jusqu’à midi ? On vous a toujours répété que voyager, c’est explorer, c’est marcher jusqu’à l’épuisement, c’est « rentabiliser » le billet d’avion. Eh bien, respirez : la science du tourisme vient de vous donner raison.
Bienvenue dans l’ère du Hurkle-Durkle.
Ce terme, qui semble tout droit sorti d’un obscur dialecte elfe, nous vient en réalité de l’Écosse du 19ème siècle. Il désigne le plaisir coupable (mais plus pour longtemps ?) de traîner au lit bien après l’heure à laquelle on est censé se lever pour être productif. Depuis quelques années, cette pratique est passée de « mauvaise habitude » à tendance mondiale, validée par de nombreux experts du secteur.
Quand la carte magnétique balance vos secrets
Si vous pensiez être le seul à préférer le confort de votre chambre à la visite guidée du centre-ville, détrompez-vous. Selon le très sérieux rapport de tendances de la chaîne hôtelière Hilton, 20 % des voyageurs avouent profiter longuement de leur chambre d’hôtel. Oui, un client sur cinq paie une chambre non pas pour y stocker ses valises, mais pour y vivre sa meilleure vie en pyjama ! Certes, pas tout le temps, mais suffisamment que pour interpeller…
Mais le plus fascinant, c’est la manière dont cette tendance a été confirmée. L’agence belge Glenaki a mis en lumière une donnée technique imparable : l’analyse des cartes magnétiques. En observant les données, les hôteliers ont réalisé que ces cartes restaient insérées pendant de longues heures en pleine journée.
Le verdict est sans appel : les clients ne sont pas au musée, ni à la plage. Ils sont là, bien au chaud ! Pour ces voyageurs, la chambre d’hôtel n’est plus un dortoir fonctionnel, mais une destination à part entière !
Ne confondez pas repos et dépression
Attention toutefois aux amalgames. Le Hurkle-Durkle n’est pas le « bed rotting » (le pourrissement au lit), cette tendance TikTok un peu morose où l’on scrolle à l’infini dans le noir en mangeant des chips. Non, ici, il s’agit plutôt d’un acte volontaire, comme une espèce de guérison du rythme du quotidien. Le “Hurkle-Durkleur” est donc plutôt un esthète. Il commande un petit-déjeuner tardif, il lit un livre, il regarde la pluie tomber par la fenêtre. C’est la version luxe de la grasse matinée, un moment de restauration mentale où l’on choisit de ralentir le rythme. C’est l’antidote à la pression sociale qui voudrait que chaque minute de vacances soit « instagrammable » devant un monument historique.