La montagne ou la côte, la culture ou la nature, des vacances actives ou une parenthèse de pure détente ? Certains pays vous évitent heureusement d’avoir à choisir. C’est le cas du Monténégro, qui parvient à réunir de superbes parcs nationaux, des sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco et un magnifique littoral sur un petit territoire posé au bord de l’Adriatique. Nous en découvrons quelques-uns des plus beaux atouts au fil d’un voyage de plusieurs jours !
La baie de Kotor, le « fjord » le plus méridional d’Europe © Arnaud Henckaerts
Avec une superficie de 13.880 km², le Monténégro fait moins de la moitié de la Belgique. Il se niche entre la Serbie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo et la Croatie, face à l’Italie de l’autre côté de l’Adriatique. Bravo si vous êtes capable de situer rapidement ce petit pays des Balkans sur une carte ! Pourtant, il attire de plus en plus de touristes.
À l’aéroport de Podgorica, situé à un peu plus de deux heures de vol de Charleroi Airport, nous croisons d’anciennes connaissances qui, comme beaucoup de Belges, ont choisi de passer leurs vacances au bord de l’Adriatique, à Budva. Le littoral et ses trésors culturels sont également à notre programme, mais ce sera pour la fin du séjour. Nous commençons par partir à la découverte de l’intérieur du pays… après une entrée en matière plutôt originale.
Pas dans l’UE, mais un peu quand même
Il est presque midi lorsque nous atterrissons. Notre chauffeur nous emmène donc directement de l’aéroport à l’endroit prévu pour le déjeuner, tout proche : Šipčanik, l’une des caves de Plantaže, le plus grand producteur de vin du Monténégro. L’entreprise possède au total plus de 2.300 hectares de vignes, ce qui en fait l’un des plus grands domaines viticoles d’Europe.
L’entrée de l’étonnante cave de Šipčanik © Arnaud Henckaerts
L’Europe, oui, mais pas l’Union européenne, puisque le pays n’en est pas membre ! Des démarches de rapprochement sont toutefois en cours et l’UE finance plusieurs projets dans la perspective d’une éventuelle adhésion. Si vous souhaitez utiliser votre smartphone sur place, sachez que la facture peut rapidement grimper, à moins d’utiliser une carte SIM locale ou une eSIM. Curieusement, vous payerez pourtant bien en euros. Le Monténégro faisait autrefois partie de la Yougoslavie, mais à la fin des années 1990, le pays a abandonné le dinar au profit du mark allemand, jugé plus stable financièrement. Lorsque l’Allemagne, comme la Belgique, est ensuite passée à l’euro, le Monténégro lui a tout simplement emboîté le pas.
Dégustation de vin… dans un bunker souterrain pour avions
Mais revenons au vin. L’arrivée dans la cave a de quoi surprendre. On nous dépose devant l’entrée impressionnante de ce qui ressemble à une grotte… sauf qu’il ne s’agit pas d’une cavité naturelle ! C’est en réalité un vaste réseau de galeries creusées à l’origine pour abriter des avions. Une reconversion en cave à vin plutôt originale ! Si la culture viticole est historiquement très ancrée au Monténégro, avec une tradition vieille de plus de 2.000 ans, Plantaže n’a été fondée qu’en 1963. Des investissements ciblés ont depuis permis au domaine de se professionnaliser en profondeur.
Dans cet ancien bunker pour avions repose une impressionnante réserve de vin ©
Les vignobles se trouvent dans les environs de Podgorica, avec, au beau milieu des hectares de vignes, un ancien aérodrome militaire. Grâce à sa température et à son taux d’humidité constants, le bunker destiné autrefois aux avions s’est révélé être l’endroit idéal pour conserver le vin. Mais les frissons que nous ressentons ne viennent pas de la différence entre la chaleur estivale extérieure et la fraîcheur qui règne sous terre… Ils sont surtout provoqués par cette entrée spectaculaire ! Avec ses 13 mètres de large, ses 7 mètres de haut et ses plus de 300 mètres de long, le lieu aurait très bien pu servir de décor à un film de James Bond. Sauf qu’ici, ce sont des années de récoltes qui sont entreposées.
D’excellents vins
Il est franchement dommage que les vins monténégrins soient si difficiles à trouver chez nous. Car on y découvre d’excellents crus, puissants et charpentés, élaborés principalement à partir de cépages locaux :
- Vranac : un raisin presque noir qui donne des vins généreux et structurés.
- Kratošija : un cépage rouge qui apporte de la complexité aux vins et qui est apparenté au Primitivo italien.
- Krstač : un cépage blanc cultivé principalement dans cette région, donnant des vins frais qui s’accordent parfaitement avec le climat méditerranéen du Monténégro.
Dommage que les vins monténégrins de qualité soient si difficiles à trouver chez nous… © Arnaud Henckaerts
Après une visite des caves, entre les fûts de différentes tailles et les bouteilles qui poursuivent tranquillement leur maturation, vient enfin le moment de la dégustation. Heureusement, des fromages locaux et autres petites bouchées sont prévus, car verre après verre, nous sommes surpris par la qualité proposée ici à des prix qui restent relativement raisonnables.
Bon pour le cœur…
L’un des vins les plus étonnants est le « Pro Corde », un rouge puissant développé par Plantaže sur la base de recherches scientifiques. Il serait… bénéfique pour le cœur ! Cet effet serait dû aux proanthocyanidines, des substances naturellement présentes dans le raisin et que le domaine parvient, grâce à un procédé spécial tenu secret, à conserver en plus forte concentration dans ce vin. Argument marketing ou pas, une chose est sûre : il était très bon. Si vous visitez le Monténégro et appréciez le vin, n’hésitez surtout pas à partir à la découverte des nombreux autres petits domaines viticoles disséminés dans le pays.
Lors de notre voyage, nous découvrirons notamment le parc national de Durmitor. © Arnaud Henckaerts
Dans un prochain article, nous partirons à la découverte des merveilles naturelles du Monténégro, avec notamment un parc national qui en impose : le parc national de Durmitor.
Plus d’infos et planifiez votre voyage : www.visit-montenegro.com