Le plus haut sommet de chaque continent : un classement… toujours disputé !

Le plus haut sommet de chaque continent : un classement… toujours disputé !
30-08-2026
Sept continents, sept sommets. Sur le papier, la liste tient en une ligne et ça paraît d’une simplicité enfantine. Dans les faits, deux d'entre eux se battent pour la même place, et l'Everest n'est même pas la plus haute montagne du globe selon la façon de mesurer ! On vous explique tout !

Pour les explorateurs aguerris, nous avons risqué d’y mettre une échelle de difficulté qui va de 1 (randonnée soutenue, aucun matériel) à 5 (expédition d’alpinisme à haut risque). Cette échelle est évidemment un tantinet subjectif : non pas que nous les ayons déjà gravis, mais les reportages des alpinistes nous ont donné une idée de la difficulté. Et sortir les cordes et vaincre une altitude délirante, à la rédaction, on en a les jambes qui tremblent !

Le tour du monde des toits continentaux

Asie : l’Everest, 8.849 m

Pays : Népal et Chine (Tibet). Difficulté : 5/5.

everest
© eugene-ga

Le patron. Depuis décembre 2020, les deux pays se sont mis d’accord sur une altitude commune : 8.848,86 mètres, soit 86 centimètres de plus que le chiffre officiel népalais précédent. La montagne pousse d’environ 4 millimètres par an, poussée par la collision entre les plaques indienne et eurasienne. Au-delà de 8.000 m, la « zone de la mort » ne laisse aucune marge : oxygène supplémentaire, cordes fixes et deux mois d’acclimatation sont la norme. Et le nombre de tués fait froid dans le dos…

Amérique du Sud : l’Aconcagua, 6.961 m

Pays : Argentine. Difficulté : 2/5.

Aconcagua
© nicolas-perez

Le plus haut sommet en dehors de l’Asie, à quelques kilomètres de la frontière chilienne et sur la cordillère des Andes. Sa particularité : la voie normale se gravit sans matériel technique, ce qui en fait la plus haute montagne du monde accessible à la randonnée. « Sans matériel » ne veut pas dire « sans souffrir » : l’altitude et le « viento blanco » y sont redoutables…

Amérique du Nord : le Denali, 6.190 m

Pays : États-Unis (Alaska). Difficulté : 4/5.

Denali

Il a longtemps affiché 6.194 m, jusqu’à ce que l’US Geological Survey le remesure au GPS en 2015 et lui retire quatre mètres. Situé à 63° de latitude nord, il subit des températures parmi les plus brutales de l’alpinisme mondial ! Pas de porteurs, pas de yaks : chacun tracte son propre traîneau pendant deux à trois semaines !

Afrique : le Kilimandjaro, 5.895 m

Pays : Tanzanie. Difficulté : 1/5.

Kilimandjaro

Un volcan endormi posé seul au milieu de la savane, sans chaîne autour de lui : voilà la plus haute montagne isolée de la planète. C’est aussi le sommet le plus accessible de la liste : cinq à huit jours de marche, pas vraiment de geste technique. Le seul vrai adversaire reste le mal aigu des montagnes !

Europe : l’Elbrouz, 5 642 m

Pays : Russie. Difficulté : 2/5.

elbrouz

Et là, ça coince. L’Elbrouz, volcan du Caucase, écrase le mont Blanc de plus de 800 mètres, mais il se trouve pile sur la frontière conventionnelle entre l’Europe et l’Asie ! Les listes d’alpinistes le retiennent ; les puristes de la géographie physique préfèrent souvent le mont Blanc (France et Italie, difficulté 2/5), mesuré à 4.805,59 m en 2023. La difficulté ici, vu le pays, est également administrative pour les ressortissants européens !

Antarctique : le mont Vinson, 4 892 m

Difficulté : 3/5.

Repéré en 1958 par un avion de l’US Navy, gravi pour la première fois en 1966. Techniquement, l’ascension reste modérée ; c’est la… logistique qui fait mal : l’Antarctique ne se visite pas comme la Sardaigne ! Quelques dizaines de personnes par an, un vol privé depuis le Chili et une facture qui dépasse largement celle de l’Everest.

Océanie : Puncak Jaya, 4 884 m

Pays : Indonésie (Papouasie). Difficulté : 5/5.

Le Puncak Jaya, ou pyramide de Carstensz, est le point culminant de l’Océanie : de l’escalade rocheuse pure, dans une région dont l’accès dépend d’autorisations aléatoires. Ici, on lui met le maximum en matière de difficulté tant la partie administrative est complexe ! D’ailleurs, si vous obtenez le sésame, passez nous voir à la rédaction, on vous paye un verre !

Si l’on s’en tient au continent australien au sens strict, le titre revient au mont Kosciuszko (Australie) et à ses « modestes » 2.228 m : difficulté 1/5, deux heures de marche depuis un parking.

Sept sommets ou huit ? Le vrai sujet de dispute

Le classement dépend de qui l’établit. La liste de Dick Bass, premier à réaliser les Sept Sommets en 1985, retient le Kosciuszko. Celle de Reinhold Messner lui préfère le Puncak Jaya, autrement plus exigeant. Résultat : beaucoup d’alpinistes cochent les huit pour éviter les débats de comptoir.

Et si l’Everest n’était pas le plus haut ?

Tout dépend du point de départ. Mesuré depuis sa base sous-marine, le Mauna Kea hawaïen dépasse les 10.000 mètres, dont seulement 4.207 émergent de l’océan.

Autre angle : la Terre est renflée à l’équateur. Le Chimborazo équatorien, avec ses 6.263 m, est donc le point de la surface terrestre le plus éloigné du centre de la planète : environ deux kilomètres de plus que l’Everest.

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