Congo : une bombe climatique vieille de milliers d’années !

19-03-2026
Les tourbières du bassin du Congo, gigantesque réserve de carbone, commencent à relâcher du CO₂ ancien, rapporte une étude scientifique.
Barque de pêcheurs, Lac Kivu, République démocratique du Congo, Rwanda
© JAG IMAGES - stock.adobe.com

C’est l’un des plus grands réservoirs naturels de carbone sur Terre. Pourtant, les tourbières du bassin du Congo commencent à libérer une partie du carbone qu’elles stockent depuis des millénaires. C’est ce que révèle une étude menée par des chercheurs de l’UCLouvain et de l’ETH Zurich, publiée dans la revue scientifique Nature Geoscience. Les scientifiques alertent sur “la vulnérabilité potentielle de l’un des plus grands réservoirs de carbone de la planète face aux changements environnementaux”. Ces écosystèmes particuliers jouent un rôle crucial dans l’équilibre climatique mondial, puisqu’ils concentrent près d’un tiers du carbone stocké dans les tourbières tropicales.

Une expédition scientifique au cœur du bassin du Congo

Pour mener leurs recherches, les scientifiques ont passé six semaines à bord d’un bateau dans le bassin du Kasaï. Les chercheurs ont notamment examiné l’eau du lac Tumba et du lac Mai-Ndombe, le plus grand lac de la région.

Leur analyse a mis en évidence un phénomène assez inquiétant : jusqu’à 40 % du CO₂ rejeté dans l’atmosphère provient de tourbes très anciennes, parfois vieilles de plusieurs milliers d’années. Selon les auteurs de l’étude, “ces observations révèlent que les lacs agissent comme des vecteurs de transfert : ils reçoivent du carbone ancien provenant des tourbières environnantes et en facilitent l’émission vers l’atmosphère”.

Le rôle du climat dans ce processus

Les scientifiques craignent que le changement climatique amplifie ce phénomène. Des périodes de sécheresse plus longues pourraient assécher les tourbières et accélérer la décomposition de la matière organique, libérant davantage de dioxyde de carbone. La baisse des niveaux d’eau favoriserait également les émissions de méthane, un gaz à effet de serre particulièrement puissant. Autrement dit, ces immenses réservoirs de carbone pourraient progressivement devenir des sources d’émissions !

La pression croissante des activités humaines

Le climat n’est toutefois pas le seul facteur en cause. L’étude pointe également l’impact des activités humaines, notamment la déforestation. En modifiant les forêts et les sols, ces activités perturbent le cycle de l’eau dans la région, ce qui peut accentuer l’assèchement des tourbières et des lacs. À terme, ces transformations pourraient accélérer la libération du carbone stocké depuis des millénaires.

Le bassin du Congo, qui s’étend sur six pays — Cameroun, République centrafricaine, République démocratique du Congo, République du Congo, Guinée équatoriale et Gabon — reste pourtant un élément clé du système climatique mondial.

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