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Un objectif qui ferait des États-Unis le pays le plus visité au monde
Autour de Donald Trump ce 2 septembre : les dirigeants de Hilton, Marriott, Booking Holdings, MGM Resorts et Caesars Entertainment. Leur demande tient en un chiffre. « Le prochain objectif devrait être 100 millions de visiteurs internationaux par an d’ici 2030, en cherchant à faire des États-Unis le pays le plus visité du monde », résume Geoff Freeman, président de l’U.S. Travel Association. Il faut dire que le gain annoncé est juteux : 81 milliards de dollars de dépenses supplémentaires et plus de 400.000 emplois !
Pourtant, dire que ce plan est ambitieux est un doux euphémisme : selon Skift, la barre représente une hausse de 46 % par rapport à 2025 et dépasserait d’environ 25 % le pic d’avant-pandémie ! Elle ferait aussi passer les États-Unis devant la France et l’Espagne !
Les chiffres, eux, racontent l’histoire inverse !
Le pays est passé de 72,4 millions de visiteurs internationaux en 2024 à 67,9 millions en 2025, soit 6,3 % de moins. Côté portefeuille, le World Travel & Tourism Council (le WTCC) chiffre le manque à gagner à 12,5 milliards de dollars : les dépenses des voyageurs étrangers sont retombées sous les 169 milliards, contre 181 milliards un an plus tôt, loin des 217,4 milliards de 2019 ! Sur les 184 économies analysées par le WTTC, les États-Unis sont la seule à reculer.
« C’est un signal d’alarme pour le gouvernement américain. La plus grande économie touristique du monde va dans la mauvaise direction, non pas par manque de demande, mais par absence d’action », tranche Julia Simpson, sa directrice générale.
2026 n’a rien corrigé. En avril, le National Travel and Tourism Office a compté 2,6 millions de visiteurs internationaux, soit 14,1 % de moins sur un an !
L’Europe occidentale décroche pour de bon
En mai 2026, les arrivées d’Europe occidentale ont chuté de 10,1 %. Dans le détail : Pays-Bas en baisse de 21,3 %, France de 16,8 %, Irlande de 12,1 %, Allemagne de 10,3 %. Le sujet n’est pas anecdotique : le Vieux Continent pèse plus de 35 % des visiteurs étrangers aux États-Unis !
Entrer aux États-Unis coûte de plus en plus cher
Difficile de séparer la désaffection du coût d’entrée. L’autorisation ESTA est passée de 21 à 40 dollars, une hausse de 91 %. S’y ajoutent un « visa integrity fee » de 250 dollars pour les demandeurs de visa, un formulaire I-94 passé de 6 à 30 dollars pour les entrées terrestres et une surtaxe de 100 dollars réservée aux visiteurs étrangers dans les parcs nationaux. Pendant ce temps, Brand USA, l’agence chargée de vendre la destination à l’étranger, a vu son financement fédéral amputé de 80 %.
Et les Belges dans tout ça ?
Le baromètre des vacances d’Europ Assistance, dans sa 25e édition, a interrogé un millier de Belges : 10 % d’entre eux préfèrent éviter les États-Unis cet été pour des raisons géopolitiques. Le pays y figure comme la troisième destination la plus évitée par les Européens interrogés, derrière l’Iran et l’Afghanistan. Les intentions de séjour américain sont passées de 4 % à 3 %, tandis que l’Europe grimpait de 57 % à 76 % dans les projets de vacances !
La Coupe du monde n’a pas suffi
Le tournoi joué dans onze villes américaines devait servir de démonstration. Il a surtout servi d’argument : hôteliers et locations courte durée ont profité des tarifs plus que des volumes, avec un RevPAR (revenu par chambre disponible) en hausse de seulement 1,7 % sur juin-juillet, et les arrivées ont continué de baisser. Reste Los Angeles 2028 comme prochaine vitrine…
Entre l’ambition affichée et les guichets d’immigration, il y a donc un écart de 32 millions de visiteurs. Et quatre ans pour le combler !